Comment un NAS LaCie de 2012 est devenu inutilisable

En rangeant mon bureau, il y a quelques jours, j’ai retrouvé un appareil que je n’utilisais plus depuis un moment : la CloudBox de LaCie. Et j’ai eu une sale surprise en essayant de remettre ce boîtier en marche : il date de 2012 mais est totalement inutilisable en 2016.
lacie-cloudbox

La CloudBox, c’est un petit NAS lancé par LaCie en 2012. Il intègre un disque dur de 250 Go et offrait une fonction intéressante à son lancement : la sauvegarde des données sur le cloud, ce qui explique son nom. En simplifiant, l’utilisateur disposait de 100 Go accessibles et le logiciel interne de la CloudBox permettait de sauvegarder les données sur un compte Wuala (un service de cloud offert par LaCie). Seule une partie du disque dur était accessible car le système dupliquait périodiquement les données pour ensuite envoyer ce qui avait changé en ligne. J’avais testé la CloudBox en 2012 pour Tom’s Hardware et LaCie m’avait laissé le boîtier. Un abonnement était nécessaire, je l’avais d’ailleurs payé en 2013 mais je ne l’avais ensuite pas renouvelé, tout simplement parce que ma ligne ADSL ne permettait pas vraiment d’effectuer des sauvegardes en ligne facilement et aussi parce que le logiciel que j’utilisais pour effectuer les sauvegardes sur le boîtier (avant l’envoi) n’était plus proposé par Apple, il s’agissait de MobileMe Backup. Il était donc dans un tiroir depuis 2014 environ.

La CloudBox

La CloudBox

Petit problème en l’allumant : impossible de me souvenir du login (a priori fourni par LaCie à l’époque). Après quelques longues recherches – LaCie a sorti depuis un autre appareil qui porte le nom de CloudBox, ce qui ne simplifie pas les choses – je trouve le moyen de remettre le boîtier en configuration d’usine. Et là, les problèmes commencent : la première étape de la configuration du boîtier consiste à vérifier s’il a accès à Internet. Petit problème, il considère qu’il n’a pas cet accès et se bloque. Je cherche d’abord à vérifier les paramètre, mais tout semble correct et il est de toute façon impossible de modifier les paramètres réseaux du boîtier sans avoir créé un compte, compte qui ne peut pas être créé sans accès au réseau. Bien évidemment, l’aide proposée dans l’interface de l’appareil renvoie vers une page qui n’existe plus.

Seconde étape, je monte un serveur DNS sur mon Mac mini Server, j’active les logs et je vérifie ce que le boîtier fait. Rien ne semble poser de problèmes, étant donné qu’il vérifie uniquement si www.google.com répond (ce qui est le cas).

Troisième étape, je connecte le boîtier directement à mon Mac et je vérifie avec Wireshark ce qu’il fait exactement. Après quelques essais, je me rends compte qu’il essaye de contacter des adresses IP visiblement encodées en dur dans l’interface. Quelques recherches plus tard, je découvre que les IP sont celles des serveurs de Wuala, le service qui gérait la sauvegarde dans le cloud. Et Wuala n’existe plus depuis quelques mois.

Un disque dur 2,5 pouces en interne

Un disque dur 2,5 pouces en interne

Là, je suis bloqué : impossible de créer un compte, je n’ai aucune idée de ce que le boîtier attend (les adresses IP répondent toujours, mais les serveurs ne renvoient visiblement pas la bonne information) et mon NAS est donc totalement inutilisable. Je n’ai aucune idée de la façon dont les boîtiers configurés réagissent (j’aurais tendance à dire qu’ils fonctionnent) mais le mien est complètement inutilisable alors même qu’il n’a pas plus de 4 ans et que la partie matérielle n’a aucun problème.

Je n’ai pas trouvé de solutions simples : je n’ai pas accès au firmware (et de toute façon, la procédure de mise à jour demande un compte valide sur l’appareil) et je n’ai pas la motivation pour essayer de hacker le Linux embarqué. Bravo LaCie, c’est peut-petre ça qu’on appelle l’obsolescence programmée…

Je rappelle quand même que ce boîtier valait 200 € il y a quatre ans, avec un abonnement de 100 € par an pour garder les fonctions liées au cloud. Si je n’ai pas vraiment de regrets étant donné que je n’ai pas payé ce boîtier, j’imagine que les clients classiques doivent moins apprécier la blague.