La lampe DAL, le premier objet connecté

La lampe DAL, c’est le premier objet connecté de Violet, la société à l’origine du Nabaztag. Vendue 790 € en 2003, cette lampe connectée en Wi-Fi s’est peu vendue : une cinquantaine d’exemplaire selon un de ses créateurs. Mais grâce à Isabelle Spanu et avec l’aide d’un des créateurs de la lampe, Sylvain Huet, je peux vous proposer un test de cet objet.

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C’est quoi exactement ?

Une lampe Wi-Fi, connectée à Internet, qui s’anime en fonction des événements. Comme le Nabaztag, elle a besoin (du moins en théorie) d’un serveur central et différents services sont proposés. La lampe dispose de 9 LEDs assez puissantes qui s’illuminent en plusieurs couleurs, d’un micro (a priori) et de capteurs de touchers.

Avec un Nabaztag/tag

Avec un Nabaztag/tag

En vrac (tiré des pages de l’époque), les services : la météo, la qualité de l’air, la bourse, l’état du trafic, la gestion des e-mails, des alertes (genre Google) et la possibilité de s’illuminer en fonction des messages. Il est possible d’envoyer des messages par mail mais aussi par SMS (via un service dédié, la lampe ne reçoit pas les SMS directement).

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Les utilisateurs de Nabaztag auront reconnu quelques services qui ont aussi été proposé sur le lapin à une époque.

Un peu de technique

J’en avais déjà parlé, mais en gros, la lampe contient un PC complet avec un système GNU/Linux. Plus précisément, on a un SoC (System on a Chip) DM&P M6127D couplé à 128 Mo de RAM. C’est un core assez ancien, contemporain du Pentium de première génération : il est basé sur le Rise MP6 et fonctionne à 166 MHz.

Le CPU

Le CPU

Pour le stockage, on a — surprenant pour l’époque — ce qu’on peut appeler un SSD : un DOM (Disk On Module) de 32 Mo. En simplifiant, c’est une carte mémoire interfacée en IDE et c’est nettement plus efficace qu’un disque dur.

La mémoire

La mémoire

Pour le Wi-Fi, c’est assez artisanal : une rallonge USB et une clé USB Wi-Fi de l’époque (802.11b et USB 1.1) dans la boîte. C’est une Netgear MA111, basée sur le chipset Prism2, un truc bien supporté sous Linux à l’époque.

La carte Wi-Fi

La carte Wi-Fi

Le système est basé sur un noyau GNU/Linux 2.4.18 (ça date…) maison.

Toute nue

Toute nue

Configurer et accéder à la lampe

Sous la lampe, un switch permet de passer en mode ad-hoc, à la manière des Nabaztag. On se connecte sur la lampe, on configure quelques points via l’interface web et on connecte la lampe à un réseau Wi-Fi. La lampe est un peu capricieuse sur ce point (elle est ancienne) : 802.11b et WEP au maximum. J’ai même du créer un réseau dédié et ouvert pour que ça fonctionne (je suis en 11n 5 GHz à la maison).

L'interface web

L’interface web

Une fois connectée, la lampe fait assez peu de choses : elle a normalement besoin d’un serveur. Grâce à Sylvain Huet, j’ai pu me connecter de deux façons : en telnet et en FTP. Dans le premier cas pour effectuer quelques commandes, dans le second pour envoyer des fichiers de test.

En gros, la lampe va lire des fichiers XML (des exemples là) qui contiennent les séquences à effectuer sur les LEDs. Sans serveur, on peut juste forcer la lampe à jouer en boucle quelques séquences, malheureusement. Je vous ai fait une petite vidéo qui montre ce que ça donne dans la réalité.

Ce qui est finalement intéressant, c’est que si quelqu’un devait faire une DAL actuellement, on serait sur une plateforme assez proche : un système embarqué (plutôt un truc genre Raspberry Pi), de la mémoire flash, une carte Wi-Fi, un système Linux, etc. La différence, c’est qu’on devrait s’en tirer pour moins de 100 € de matériel en 2013, alors qu’il y a 10 ans, c’était nettement plus onéreux. La lampe valait pratiquement 800 €, ce qui était évidemment bien trop élevé pour avoir du succès.

Violet DIY

Violet DIY

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Le lapin Nabaztag, qui est assez proche dans la philosophie mais conçu de manière bien plus pragmatique au niveau matériel (grande série oblige) a d’ailleurs eu son petit succès.