Test : le dock Thunderbolt Station de CalDigit

Après Matrox et Belkin, c’est au tour de CalDigit de proposer un dock Thunderbolt. Après deux produits assez décevants — chers, limités et peu performants —, est-ce que le troisième constructeur va réussir à s’imposer ? La réponse est « presque ». C’est toujours un peu cher, mais il y a beaucoup moins de défauts. Sans être parfaite, la station Thunderbolt de CalDigit est bien plus convaincante que celles de Matrox et de Belkin.
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La station de CalDigit offre une connectique complète, et a quelques avantages sur les modèles de Matrox et Belkin. Premièrement, on a trois ports USB 3.0 (comme chez Belkin, un seul chez Matrox). Deuxièmement, on a une seconde prise Thunderbolt — son absence est le principal défaut de la solution Matrox — et une sortie HDMI (elle a ses limites). La seule chose qui manque est une prise FireWire 800, mais ce n’est pas réellement un problème en 2013, et son absence permet d’améliorer la prise en charge de l’USB 3.0.

Audio (et USB 3.0)

Audio (et USB 3.0)

Pour l’audio, rien de spécial : un contrôleur Texas Instruments en USB est présent, il fonctionne. Je n’ai pas de matériel pour tester sa qualité. Il peut travailler uniquement en analogique (48 kHz/16 bits) et apparaît sous le nom USB audio CODEC dans la liste des périphériques, ce qui dénote un peu.

HDMI, Ethernet, etc.

HDMI, Ethernet, etc.

Pour le réseau, rien à dire non plus : CalDigit utilise une puce Intel (I210) reconnue nativement par OS X Mavericks (il faut a priori un pilote sous Mountain Lion). Elle est interfacée sur une ligne PCI-Express et les performances sont les mêmes que celles des autres adaptateurs Thunderbolt, qui utilisent généralement du Broadcom. On atteint environ 1 gigabit/s.

937 mégabits/s de moyenne

937 mégabits/s de moyenne

Passons à un point intéressant : la sortie vidéo. Le boîtier propose une seconde prise Thunderbolt — qui accepte les adaptateurs classiques — et une sortie HDMI. Techniquement, la sortie HDMI est un adaptateur intégré dans le boîtier : il récupère donc le HDMI directement dans le Mac (avec, évidemment, le son). Rien à dire, la sortie fonctionne.

Audio en HDMI

Audio en HDMI

Point intéressant, il est possible de combiner la sortie HDMI et la sortie Thunderbolt dans certains cas. Officiellement, ça ne fonctionne qu’avec un écran Thunderbolt Apple. Plus concrètement, si vous branchez un écran via un adaptateur sur la prise Thunderbolt et un écran en HDMI, ça ne fonctionnera pas. La solution qui fonctionne est simple : il faut un second périphérique Thunderbolt. En clair, vous devez relier la station au Mac, brancher un écran HDMI sur la prise HDMI, placer un appareil Thunderbolt dans le second connecteur de la station et ensuite brancher un second écran. Attention, ça ne fonctionne pas sur les MacBook Air de 2011.

Trois écrans

Trois écrans

Passons à l’USB 3.0. Sur les boîtiers de Matrox et Belkin, c’était une vraie déception : le contrôleur Fresco FL1100 (seul reconnu nativement par OS X) était interfacé en PCI-Express 1.0 sur une seule ligne, soit 250 Mo/s au maximum. Dans la pratique, on dépasse difficilement 190 Mo/s avec les deux boîtiers en question, alors qu’un Mac peut atteindre environ 440 Mo/s avec son contrôleur Intel.

Dans la station de CalDigit, bonne nouvelle, le contrôleur USB 3.0 est interfacé en PCI-Express 2.0, soit une bande passante maximale de 500 Mo/s.

5 Gb/s

5 Gb/s

Dans la pratique, avec un boîtier USB 3.0 rapide et compatible UASP et un SSD haut de gamme (Samsung 840 Pro), j’obtiens les mêmes débits qu’avec ma carte PCI-Express : environ 350 Mo/s en lecture et 275 Mo/s en écriture. Ce n’est pas aussi rapide que le contrôleur Intel et ses 430 Mo/s dans les deux sens, mais ça reste très correct.

Des débits corrects, sans plus

Des débits corrects, sans plus

Ce n’est pas un réel problème : à part si vous avez des SSD en USB 3.0, la différence de performances est invisible. Même en utilisant deux disques durs en USB 3.0, vous ne devriez pas voir de pertes, alors que c’est très visible sur les docks de Belkin et Matrox.

Le problème ne vient du Thunderbolt directement, en tout cas pas chez CalDigit : le contrôleur Fresco FL1100 est un des plus rapides et il est interfacé correctement dans le cas présent. Mais le fait est que les contrôleurs « externes » sont moins rapides que ceux intégrés dans les chipsets. Le problème es le même dans un PC et on devrait aussi le retrouver dans le Mac Pro.

Petit truc à savoir, même si CalDigit se vante d’alimenter correctement les ports USB 3.0, il est impossible de charger un iPad, par exemple. Contrairement aux ports du Mac qui fournissent une intensité plus élevée quand un appareil iOS est branché, on reste ici à 500 mA.

Quelques remarques : le boîtier est compact mais chauffe beaucoup et la coque est fragile. Je l’ai transporté dans un sac à dos, protégé, et l’aluminium brossé est marqué. Petit plus pour certains, CalDigit fournit des pilotes pour Windows. Petit moins dans certains cas, il faut des pilotes pour l’Ethernet sous OS X Mountain Lion (pas Mavericks).

SONY DSC
SONY DSC

Parlons de ce qui fâche, le prix. Aux Etats-Unis, la station vaut 200 $. En France, elle est pour le moment vendue 180 €, mais c’est un prix H.T., dans la pratique, elle est vendue environ 275 €. Comme pour les boîtiers de Matrox et Belkin (vendus 300 €/300 $), ça reste assez cher au regard des services rendus, surtout quand on se rend compte que le câble Thunderbolt n’est pas fourni.

Reste que cette station est plus intéressante que les deux autres, si on n’a pas besoin du FireWire : elle est un peu moins onéreuse et fournit surtout une sortie vidéo et une sortie Thunderbolt. Quand on veut brancher un appareil Thunderbolt qui ne propose qu’un seul connecteur (une carte d’acquisition dans mon cas) et un écran, c’est la seule solution viable sur certains appareils. Enfin, ses ports USB 3.0 offrent un débit correct, même si pour diverses raisons techniques on reste en-dessous d’un contrôleur Intel.