Un disque dur SCSI « moderne » dans un vieux Mac

Quand on remet à jour une vieille machine, un problème se pose souvent : le stockage. Les ordinosaures des années 90 utilisent généralement soit du PATA (IDE) soit du SCSI, et installer un disque dur avec une capacité correcte reste souvent une gageure. Je m’intéresse ici au SCSI, courant dans les Mac des années nonantes.
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L’idéal, mais souvent hors de portée, reste évidemment le SSD : rapide, silencieux, il donne un bon boost à une machine un peu lente. Le souci, c’est que les SSD SCSI sont hors de prix et rares. La première raison vient du fait que le SCSI vise uniquement le marché professionnel depuis quelques années, la seconde est liée au fait qu’au moment de l’avènement des SSD, le SCSI était déjà en passe d’être abandonné (au profit du SAS). Dans les machines en IDE, il existe bien la possibilité d’utiliser des adaptateurs SATA vers IDE, mais la capacité maximale limite parfois (et on trouve difficilement des SSD de moins de 32 Go).

La solution qui revient souvent consiste à installer un adaptateur SCSI vers IDE, mais elle pose quelques soucis. La première, c’est le prix : les adaptateurs sont onéreux, plusieurs dizaines d’euros. La seconde, c’est que l’IDE devient de plus en plus difficile à trouver, et que remplacer une technologie morte par une autre n’est pas l’idée du siècle. Enfin, les adaptateurs posent parfois des soucis de taille : quand l’espace est exigu, installer un disque dur 3,5 pouces et un adaptateur… ça ne rentre pas.

Il existe une troisième solution, qui a l’avantage de ne pas demander un investissement élevé : installer un disque dur SCSI moderne. On trouve facilement des disques durs issus de serveurs pour quelques euros sur eBay (moins de 20 € pour des modèles de 36 à 75 Go), et un simple adaptateur passif permet de les installer dans une machine ancienne.

L'ancien et le nouveau

L’ancien et le nouveau

Exemple pratique : j’ai récupéré un Power Mac 6100 équipé d’un disque dur SCSI en 3,5 pouces, un modèle de 500 Mo qui tourne à 4 500 tpm. Autant dire qu’il est bruyant, lent, et pas spécialement adapté à un usage moderne. Comme la place est comptée dans ce modèle de Mac, j’ai donc acheté un disque dur SCSI moderne en 2,5 pouces (un peu moins de 20 € livré) : un Seagate Savvio qui tourne à 10 000 tpm (donc avec un temps d’accès faible) de 73 Go. Comme il utilise une intarfec SCSI de type SCA, j’ai simplement utilisé un adaptateur SCA vers 50 pins, le connecteur utilisé dans le Power Mac (ça vaut une dizaine d’euros).

Ce modèle de disque sera sous-exploité (il peut atteint pas loin de 100 Mo/s, l’interface du Power Mac ne dépasse pas 5 Mo/s) mais il a l’avantage de fonctionner directement, une fois l’ID SCSI fixé manuellement sur l’adaptateur. En plus d’être (beaucoup) plus rapide que le disque dur original, il est surtout nettement plus silencieux.

Attention à un point, si la capacité totale est bien reconnue, certains appareils (comme le Power Mac 6100) veulent que la partition de démarrage ne dépasse pas 2 Go. Globalement, cette solution a l’avantage d’être performante, de rentrer dans la majorité des machines (avec un 2,5 pouces) et de ne pas exploser les tarifs. La seule chose à prendre en compte, c’est que ça ne fonctionne pas dans les portables : d’une part, il n’y a pas la place pour un 2,5 pouces et son adaptateur, et d’autre part les disques SCSI 2,5 pouces modernes sont des modèles « SFF » (Small Form Factor) qui nécessitent une tension de 12 V pour fonctionner, contrairement aux modèles destinés aux ordinateurs portables qui se contentent de 5 V.