Petit test : la manettes Sega Mega Drive européenne pour Nintendo Switch Online

Je continue avec les manettes (j’aime bien les manettes) avec celle pour Sega Mega Drive, sortie récemment chez Nintendo.

Une manette Sega ? Chez Nintendo ? Oui, c’est bizarre, même si les deux sociétés travaillent ensemble depuis des années maintenant. La manette de Mega Drive, donc, est sortie en Europe dans sa version avec trois boutons, et elle vaut 50 € – c’est cher – chez Nintendo. Et uniquement chez Nintendo : il faut même être abonné Nintendo Switch Online pour la commander.

La boîte

Hérésie : les logos Nintendo et Sega sur une manette

Premier truc, j’ai précisé « européenne » dans le titre car il existe trois variantes de la manette. La version vendue dans nos contrées est un modèle trois boutons aux couleurs de la Mega Drive (le nom de la console). La variante américaine est aux couleurs de la Genesis (le nom de la console outre-Atlantique) mais est identique en dehors de ce point. Et au Japon, on en reparlera, la manette est un modèle six boutons.

Trois boutons

Par rapport à ma manette de Mega Drive d’époque, la nouvelle version fait illusion. C’est vraiment très proche physiquement, même les vis sont presques toutes au même endroit. Les boutons sont plus fermes, mais ma manette est vieille, donc c’est un peu difficile de comparer. La première différence, évidemment, est l’absence de câble. Comme pour la manette de Nintendo 64 et celles de NES, Nintendo a ajouté quelques boutons.

C’est très proche

Sur le bas de la manette, on trouve un bouton de synchronisation couplé à des LED, qui permettent de vérifier si la manette fonctionne, et aussi de séparer les joueurs (il est possible d’ajouter plusieurs manettes sur Switch). Sur le haut, on a un bouton Home (pour la Switch), un bouton de capture d’écran et une prise USB-C pour la charge. Et enfin, plus étonnant, un bouton Mode.

La synchro


La charge


Le bouton Mode

Le fameux bouton Mode

Au départ, j’ai été étonné. Le bouton Mode, sur la tranche, est hérité de la manette six boutons et ne sert en théorie à rien sur une manette trois boutons. Sur la six boutons, il sert à forcer un mode trois boutons pour les jeux incompatibles. En fait, la lecture des entrées avec une manette trois ou six boutons n’est pas la même et sur certains titres, ça peut poser des soucis. Donc Sega avait intégré un bouton pour forcer l’ancien protocole. Mais du coup, pourquoi le mettre sur la version trois boutons ? Après réflexions, pour une raison simple. L’émulateur de la Switch l’utilise pour afficher les menus liés à l’émulation elle-même, et il a probablement été conçu pour la manette japonaise (une six boutons). Donc pour garder un raccourci pour les menus, il est probablement resté sur la manette trois boutons européenne.

Les couleurs

Parlons des couleurs de la manette, parce que c’est intéressant. La manette version 2021 propose un bouton Start blanc et des indications rouges pour les flèches de la croix directionnelle, ainsi que pour les trois boutons. On a aussi, évidemment, un logo Sega et la phrase « Mega Drive Control Pad ». Ce qu’il faut savoir, c’est que les manettes asiatiques, elles, n’ont pas la même phrase mais – surtout – que le bouton Start est bleu. En fait, on est sur les couleurs des premières manette européennes (vers 1990, donc). Ma manette d’époque, on va le voir en photo, a un marquage différent, avec uniquement du blanc. Et les manettes vendues avec la Mega Drive II, elles, sont un peu différentes : elles ont un bouton Start rouge et un marquage un peu différent. Vous trouverez pas mal de photos sur ce site.

Start en blanc, boutons en rouge

Et en Bluetooth ? Et en USB ?

Premier truc à savoir : comme la manette de Nintendo 64, celle de Mega Drive ne fonctionne pas en filaire. Elle est bien vue comme un périphérique HID standard mais rien ne réagit. Si vous voulez des manettes USB, celles de la Mega Drive mini de 2019 sont très bien.

Truc chelou, apparu sur un de mes Mac

En Bluetooth, pas de soucis. Il suffit de presser quelques secondes le bouton de synchronisation, et elle va être détectable. C’est du HID standard et tous les boutons fonctionnent. Comme souvent avec ce genre de manettes, c’est un peu la foire pour la numérotation : A est le #2, B est le #1, C est le #6, etc. Sur les rares applications qui forcent la numérotation des boutons, c’est un peu casse-pieds, mais tant que vous avez la possibilité d’assigner les fonctions, ça marche. Attention, la manette indique la présence de sticks analogiques, mais ils sont évidemment absents.

Et sur Switch ? Comme la manette est évidemment prévue pour la console, ça marche parfaitement, et chaque bouton est à sa place. Et si vous utilisez la manette avec d’autres jeux (j’ai la compilation Aladdin), ça va fonctionner aussi : il propose d’adapter les boutons (et donc de bien placer A, B et C).

Si la manette est encore en vente quand j’écris ces lignes, elle a quand même un défaut : son prix. Parce que si les 50 € de la manette Nintendo 64 peuvent se justifier par les fonctions (stick analogique, le vibreur, etc.), c’est nettement plus compliqué ici. Il y a seulement quelques boutons et c’est franchement cher (et il faut ajouter les frais de port). Et au passage, comme souvent, le câble de recharge fourni est un USB-C (côté manette) vers USB-A.