L’adaptateur xD vers microSD d’Olympus, ce morceau de plastique qui ne devrait pas fonctionner

Quand on parle de cartes mémoire et de trucs qui peuvent embêter les utilisateurs, la marque qui ressort est Sony, avec ses cartes Memory Stick. Mais dans les faits, à mon avis, Olympus est bien pire. Et l’adaptateur MASD-1 est vraiment un bon exemple.

Olympus a pendant longtemps choisi d’utiliser des cartes mémoire rarement employées par les autres fabricants. D’abord les cartes Smart Media, ensuite les cartes xD. Les deux formats sont proches, en dehors de la taille, avec une particularité : il s’agit de simples puces de mémoire flash. Dans une carte mémoire classique (CompactFlash, SD, etc.), une carte est composée de puces de mémoire flash et d’un contrôleur, qui va faire le lien entre une interface standardisée (côté appareil) et la mémoire. Dans les cartes Smart Media et xD, il n’y a pas de contrôleur. Il s’agit littéralement uniquement d’une puce, avec un brochage adapté.

Le compact a vil prix qui m’a servi à tester (sans intérêt particulier en dehors du stockage)

Ce point est vite bloquant en pratique : si le contrôleur de l’appareil n’a pas les paramètres nécessaires pour la puce choisie, ça ne fonctionne pas. C’est extrêmement courant : les cartes de 64 et 128 Mo en Smart Media ont une compatibilité limitée avec les vieux appareils, et certains cartes sont plus ou moins propriétaires, comme la carte 512 ko de l’appareil de Sega. Le problème n’est même pas si vieux : les cartes xD existent en plusieurs variantes (M, H, etc.) et il y a aussi des soucis de compatibilité. Avec les cartes qui intègrent un contrôleur, on réduit les soucis : tant que le lecteur (l’appareil) accepte le protocole, ça passe. Il peut évidemment évoluer (comme lors du passage du SD au SDHC puis SDXC) mais ça reste rare.

Pour revenir à Olympus, j’avais parlé il y a quelques années d’un problème : la marque impose des cartes mémoire Olympus pour certaines fonctions, comme le panorama. C’est le cas en Smart Media (et on peut hacker les cartes) mais aussi en xD, a priori.

Des appareils compatibles SD… mais pas vraiment

J’en arrive au sujet : l’adaptateur MASD-1. Au milieu des années 2000, tout le monde est passé aux cartes SD ou presque. Soit en abandonnant les anciens formats, soit en mettant deux lecteurs ou un lecteur qui accepte deux types de cartes (j’ai un appareil Sony qui prend les Memory Stick Duo ou les SD). Mais Olympus a eu une idée… bizarre. Au lieu de mettre un emplacement SD ou microSD, la marque a proposé un adaptateur xD vers microSD passif, le MASD-1.

L’adaptateur, très cheap

Si vous avez compris cette histoire de contrôleur, vous avez peut-être tiqué : ça ne devrait pas pouvoir fonctionner. Les cartes microSD ont un contrôleur et une interface standardisée qui n’est pas la même que celle des cartes xD. Et c’est bien le cas : ça ne fonctionne pas comme ça. Car il y a un petit twist : la partir qui dépasse en haut de l’adaptateur n’est pas un détrompeur. Elle sert à activer un interrupteur dans le lecteur de l’appareil, qui va passer en mode SD.

L’ergot sur l’adaptateur jaune sert à changer de mode

Au lieu de considérer qu’il y a une carte xD dans le lecteur, l’appareil va modifier le brochage interne pour communiquer avec une carte SD. Une carte SD avec un brochage propriétaire, certes, mais une carte SD tout de même. C’est une solution affreuse pour plusieurs raisons. Premièrement, il faut un appareil compatible et la liste n’est pas spécialement longue (une seconde là). Deuxièmement, ça ne fonctionne qu’avec cet adaptateur précis, qu’il ne faut donc pas perdre ou endommager. Parce que si vous cassez l’ergot qui dépasse, ça ne fonctionne plus. Troisièmement, ça ne fonctionne logiquement pas dans les lecteurs de cartes externes. Pour lire la carte microSD sans brancher l’appareil en USB, il faut donc sortir l’adaptateur, puis sortir la microSD et éventuellement la mettre dans un adaptateur vers SD.

Les contacts visibles au milieu ne servent pas : l’appareil reconfigure bien les broches de la partie xD.

C’est réellement un choix qui ne sert qu’à mettre en avant les cartes de la marque, alors même que les appareils sont littéralement compatibles avec les cartes SD… sans avoir d’emplacement dédié. Et dans les modèles des années 2000, ça nécessitait aussi de passer par des microSD qui étaient plus lentes et plus onéreuses que les SD (c’est moins le cas en 2024). Accessoirement, le choix de passer par un adaptateur passif peut aussi troubler ceux qui ont une vague connaissance du fonctionnement de ce genre de trucs : au premier abord, la première pensée (et c’était la mienne) était « Mais ça ne peut pas fonctionner. ».

Le brochage

A la base, je comptais juste relier les broches à une (fausse) carte pour montrer que c’est passif, mais mes compétences en soudure sont trop faibles et je n’ai pas trouvé de breakout pour carte xD. Mais comme j’ai commandé un adaptateur MASD-1 et que l’original a des points de contact, voici le brochage.

La broche 1 (DAT1) (microSD) correspond à la 7 (xD)
La broche 2 (DAT0) (microSD) correspond à la 6 (xD)
La broche 3 (VSS) (microSD) correspond à la 3 (xD)
La broche 4 (CLK) (microSD) correspond à la 1 (xD)
La broche 5 (VDD) (microSD) correspond à la 4 (xD)
La broche 6 (CMD) (microSD) correspond à la 10 (xD)
La broche 7 (DAT3) (microSD) correspond à la 9 (xD)
La broche 8 (DAT2) (microSD) correspond à la 8 (xD)

La copie chinoise de l’adaptateur (à gauche sur les photos) fait par ailleurs très copie chinoise au niveau de la finition, mais comme c’est passif et basique, ça fonctionne.


On voit que les contacts ne sont pas visibles