Les cartes SD UHS-I DDR208 : le mode semi-propriétaire qui devient courant

C’est un truc dont j’avais parlé il y a quelques années, Sandisk a un mode semi-propriétaire pour les cartes SD et microSD qui permet de meilleurs débits que l’UHS-I classique. Et ce mode DDR208 (son petit nom) est de plus en plus courant, que ce soit dans les lecteurs ou dans les cartes.

Les cartes SD ont évolué avec le temps. Les premières générations avaient un bus sur 4 bits à 25 ou 50 MHz, de quoi atteindre 12,5 ou 25 Mo/s. Les cartes actuelles restent compatibles et c’est souvent le mode de base. L’UHS-I, lancé en 2010, passe à 104 Mo/s au maximum, avec un bus à 208 MHz, toujours sur 4 bits. Pourquoi 208 MHz ? Aucune idée, même si c’est probablement un reliquat des cartes MMC. Les évolutions suivantes des cartes sont l’UHS-II, une interface totalement différente qui passe par des broches dédiées, et le SD Express, une autre interface totalement différente qui passe aussi par des broches dédiées. L’UHS-II permet 312 Mo/s, son évolution UHS-III monte à 624 Mo/s et le SD Express peut même atteindre 4 Go/s (avec deux lignes PCIe 4.0). Il y avait donc une place à prendre entre l’UHS-I et l’UHS-II, ce que Sandisk a fait vers 2018.

Le mode DDR208, semi-propriétaire

Le mode le plus rapide en UHS-I porte le nom de SDR104. Celui de Sandisk, semi-propriétaire, est le DDR208. L’idée est simple : le même bus sur 4 bits, la même fréquence (208 MHz) mais un fonctionnement en DDR, qui permet basiquement d’envoyer deux bits au lieu d’un. On passe donc à 208 Mo/s en théorie (plutôt 170 Mo/s en pratique). C’est assez malin parce que le mode DDR existe déjà dans la norme, mais avec une fréquence de 50 MHz (DDR50). Les modifications sur les cartes et les lecteurs sont donc minimes : les broches existent, le mode de transfert existe, la fréquence est la même. Le mode est parfois nommé DDR200 pour une bonne raison : il est aussi possible de travailler à 200 MHz dans certains cas (au lieu de 208 MHz), avec le même résultat pratique.

Une carte Sandisk dans un lecteur Sandisk

Au début, il fallait un lecteur Sandisk adapté et des cartes Sandisk. Mais depuis quelques années, Samsung, Kingston, Lexar ou même Amazon Basics ont des cartes compatibles. Pour le vérifier, c’est assez simple : si les débits sont annoncés à plus de 100 Mo/s (généralement 170 ou 200 Mo/s) pour une carte avec un logo UHS-I, elle l’est. Pour les lecteurs, c’est la même chose : c’est assez courant. Celui d’une station d’accueil testée récemment (Razer), l’est par exemple. Attention, ce n’est pas systématique : ce mode n’est souvent présent que sur les cartes rapides et pas sur les autres.

Deux cartes et un lecteur compatible (dans certains cas)

Maintenant, un test. J’ai un lecteur Sandisk depuis des années (il était fourni avec une carte) qui fonctionne bien en mode DDR208… mais uniquement avec les cartes Sandisk. Je ne sais pas s’il détecte explicitement la marque (probablement), mais ma carte pour Raspberry Pi est bloqué en UHS-I sur le lecteur Sandisk et passe bien en mode DDR208 sur un autre lecteur, dans une station Thunderbolt 5. Je n’ai pas d’autres cartes (micro)SD compatibles, mais comme expliqué plus haut, les cartes récentes de pas mal de constructeurs sont compatibles.

Une carte Raspberry Pi dans un lecteur (pas) Sandisk

Le mode DDR225

Sandisk a même une version un peu plus rapide, nommée DDR225. Comme le nom l’indique, ce mode fonctionne à 225 MHz, ce qui permet un gain léger mais réel. Mais c’est clairement de l’overlocking d’usine sur les cartes de Sandisk.

Sandisk met en avant son mode DDR225

Dans la pratique, ce mode tend même à remplacer l’UHS-II, qui n’a jamais vraiment trouvé sa place : les cartes UHS-II sont plus complexes (elles doivent gérer deux protocoles), comme les lecteurs. Et les gains apportés par le mode DDR208 sont suffisamment bons pour offrir un compromis acceptable avec un surcoût qui est probablement proche de zéro : c’est essentiellement une modification de firmware.