Depuis un moment maintenant, il est possible de connecter des cartes Ethernet à 25 Gb/s dans les Mac. Apple a intégré un pilote pour les cartes Mellanox ConnectX et on peut en trouver assez facilement d’occasion. Si vous avez un Mac Pro ou un Mac avec du Thunderbolt, il est donc possible de faire une liaison à 25 Gb/s assez facilement. Dans mes premiers essais, j’étais limité par le Thunderbolt 3 à environ 19 Gb/s, ce qui n’est pas si mal. Et j’avais utilisé un câble DAC de 3 mètres. Depuis, j’ai essayé en Thunderbolt 5 (et en USB4) et avec un câble AOC de 10 mètres. Je m’explique.
Je commence par les câbles. Les cartes Ethernet à 25 Gb/s ne sont pas en RJ45 (8P8C) mais en SFP28. Ça ressemble à du SFP+, mais c’est un peu différent pour augmenter la bande passante (le 28 indique 28 Gb/s, parfait pour du 25 Gb/s). Dans la pratique, on a donc assez peu de choix pour les liaisons : un transceiver pour de la fibre, un câble DAC ou un câble AOC. Le transceiver, en schématisant, est un adaptateur fibre : il en faut deux (un de chaque côté) et de la fibre. Même en entrée de gamme, c’est au moins 20 € pièce, sans le câble. Un DAC (direct attach copper), c’est un câble avec deux prises SFP28 et du câble en cuivre entre les deux. C’est pratique pour une liaison directe et courte : on ne peut pas séparer le câble de la prise et donc c’est un peu compliqué à intégrer dans les murs, par exemple. Ce n’est pas très cher : on est entre 20 et 30 € selon la longueur. Mais ce n’est pas très long : on est généralement sous 5 mètres (10GTek limite même à 3 mètres).
La troisième solution, c’est l’AOC, pour active optical cable. C’est le même principe : la fibre est fixée aux connecteurs SFP28. Vu que la prise est assez grosse, c’est compliqué à passer dans les murs, mais comme tout est soudé, c’est un peu moins cher. A 25 Gb/s, 10GTek (je prends cette marque parce que ce n’est pas cher) propose jusqu’à 10 mètres pour moins de 40 €. On a une seule fibre, assez flexible, et ça tient bien les débits.
Bon, je n’ai pas tellement de choses à en dire : je n’ai pas un centre de données à la maison, et les 10 mètres suffisent. Ça fonctionne de la même manière que le DAC, avec simplement une longueur plus élevée et un câble un peu plus flexible.
Passage en Thunderbolt 5
Dans mes premiers essais, j’avais utilisé un adaptateur Thunderbolt 3. Si la norme permet 40 Gb/s, on a en pratique seulement 32 Gb/s pour les données et l’encapsulation limite en réel vers 26 à 27 Gb/s au mieux. Et avec les cartes Mellanox, je ne dépasse pas 19 Gb/s, ce qui n’est pas si mal. En passant en USB4, qui a une bande passante de 40 Gb/s pour les données, j’avais gagné un peu : la liaison montait à 20 Gb/s.
Ici, je suis passé en Thunderbolt 5. La norme permet 80 Gb/s, avec 64 Gb/s pour les données, ce qui est largement suffisant pour une liaison à 25 Gb/s. J’ai utilisé la même astuce que la dernière fois, qui est du bricolage : une station d’accueil Thunderbolt 5 (le modèle de Razer) avec juste un adaptateur M.2 vers PCI-Express noname. La station intègre en effet un emplacement M.2 pour un SSD. C’est clairement de la bidouille : l’emplacement est sous la station, il faut alimenter l’adaptateur en externe (en SATA), etc. Mais ça fonctionne.
La carte est bien reconnue avec une liaison 25GBASE-SR selon macOS, et j’ai obtenu 23,5 Gb/s en reliant le Mac mini M4 Pro à un PC équipé de la même carte. C’est un peu plus qu’en USB4 et c’est probablement proche du maximum qu’on peut obtenir en pratique. La prochaine étape, ce sera probablement un jour de tester une carte Ethernet à 40 Gb/s : les ConnectX-4 40 Gb/s se trouvent assez facilement et macOS supporte ça. Mais bon, en pratique, je n’utilise déjà pas mes cartes Ethernet 25 Gb/s : l’Ethernet à 10 Gb/s suffit amplement pour accéder à mon Mac mini qui sert de NAS.










