Il y a un truc que j’aime bien avec les accessoires obscurs des années 90, c’est qu’ils donnent souvent l’impression d’avoir été conçus à la suite d’une réunion qui a mal tourné. Typiquement, quelqu’un a dû dire « et si on faisait un périphérique pour améliorer l’expérience de jeu », personne n’a trop compris ce que ça voulait dire, et six mois plus tard un produit très spécifique se retrouvait en magasin.
C’est à peu près ce que m’inspire le Sega Score Dial, un accessoire sorti uniquement au Brésil pour la Mega Drive, et qui n’est compatible qu’avec… deux jeux. Oui, deux. Et encore, pas les plus logiques.
L’idée est assez simple : le Score Dial est un petit boîtier qui se branche sur le port manette 2 et qui ajoute une molette en façade, avec trois positions et un bouton. Sega do Brasil le présentait à l’époque comme un accessoire “arcade”, pensé pour affiner certains réglages en jeu sans avoir à passer par les menus. En pratique, ça ne fonctionne officiellement qu’avec Out Run et Super Monaco GP.
Dans Out Run, la molette permet de choisir rapidement la bande-son au départ, mais aussi — et c’est le gimmick principal — de modifier légèrement la sensibilité de la direction sur certains modèles compatibles. Dans Super Monaco GP, le boîtier sert surtout à régler l’agressivité de l’assistance au freinage dans un mode spécifique, avec un bouton qui agit comme un raccourci pour certaines options. Dit comme ça, ça ressemble à une idée vaguement moderne. En pratique, c’est surtout une façon très compliquée de résoudre un problème qui n’existait pas vraiment.
Ce qui rend le truc amusant, c’est évidemment son côté ultra-local. Le Brésil a toujours eu une relation un peu particulière avec Sega, notamment à cause de Tec Toy, qui a gardé la marque vivante bien plus longtemps qu’ailleurs avec des consoles, des variantes locales et une quantité assez impressionnante de produits improbables. Et le Score Dial entre parfaitement dans cette catégorie : ce n’est pas totalement absurde, ce n’est pas complètement utile, et ça sent très fort le périphérique commercialisé parce qu’on pouvait le faire.
Physiquement, l’accessoire est d’ailleurs assez typique de cette époque : plastique noir un peu léger, logo Sega moulé de façon pas tout à fait élégante, câble trop court, et une molette qui donne l’impression qu’elle va rester coincée si on la tourne avec un peu trop de conviction. Bref, exactement le genre de truc que j’adore.
Évidemment, aujourd’hui, le vrai intérêt n’est pas l’usage. Personne n’a besoin d’un boîtier dédié pour changer la musique dans Out Run ou ajuster deux paramètres dans Super Monaco GP. Mais comme souvent avec ce genre d’objet, ce n’est pas la question. Ce qui est intéressant, c’est qu’il existe, qu’il ait été produit sérieusement, vendu dans un vrai circuit commercial, et probablement acheté à l’époque par des gens qui se sont dit « oui, ça va clairement améliorer ma Mega Drive ».
Et très honnêtement, c’est précisément pour ça que je trouve ce genre d’accessoire passionnant : ce n’est pas important, ce n’est pas rare au sens noble, ce n’est même pas spécialement bon. Mais c’est un morceau très concret de cette époque où les constructeurs — ou leurs partenaires locaux — pouvaient encore sortir des idées parfaitement anecdotiques juste pour voir si quelqu’un allait les acheter.





Tu nous parleras un jour du tube cathodique rétractable qui rentre dans le meuble tv ?