Dans les produits un peu bizarre de Nintendo, il y a la Fleur cancan, mais aussi le réveil Alarmo. D’abord vendu exclusivement chez Nintendo, il se trouve depuis assez facilement ailleurs pour le même prix (à peu près 100 €). Petit test.
L’Alarmo, c’est quoi ? Un réveil connecté avec un détecteur de présence en UWB (une bande de fréquence élevée, 24 GHz ici), capable de vérifier si vous êtes bien dans le lit. Le produit est assez mignon au départ, avec un côté cartoon évident. Il est rouge vif, avec un gros bouton blanc qui est transparent (il change de couleur avec une LED). C’est clairement l’image qu’on se fait d’un réveil de dessins animés. On a une zone noire qui ressemble à un écran circulaire et deux boutons sur le dessus du réveil. La finition est très correcte, et Nintendo livre un long câble USB-A vers USB-C. C’est le premier défaut : il n’y a pas d’adaptateur secteur dans la boîte. Je comprends l’intérêt de ne pas mettre d’adaptateur secteur avec un smartphone, même si ça reporte l’achat original vers le client, mais pour un réveil qui doit être branché en permanence, je ne comprends pas pourquoi il n’y en a pas un dans la boîte. Il a l’avantage tout de même de consommer très peu (vers 1 W) donc même sur la prise USB d’un autre réveil (mon cas), il démarre et fonctionne. Nintendo recommande un adaptateur USB capable de fournir 1,5 A, mais ça me semble exagéré.
Avant le reste, il faut parler de l’écran, parce que Nintendo se moque un peu de nous. Si on regarde l’Alarmo éteint, on a l’impression d’avoir un écran circulaire. Si on regarde une bonne partie des photos de presse, on a l’impression d’avoir un écran circulaire. Mais quand on le branche, on découvre la supercherie : même si certains éléments d’interface essayent de le cacher, on a une simple dalle rectangulaire (2,8 pouces, 320 x 240) encastrée dans un cercle noir. C’est évidemment une dalle LCD, avec un défaut évident : c’est lumineux même quand le réveil est en veille. Contrairement à la majorité des photos, le fait que l’écran est rectangulaire se voit bien dans la réalité.
Deux défauts pour moi
Dans mon cas précis, le réveil a deux défauts. Le premier, c’est que ce n’est pas spécialement lisible la nuit pour avoir l’heure. Je porte des lunettes, et je suis tout simplement incapable de lire l’heure quand je ne les porte pas (la nuit). J’ai une vieille Apple Watch en mode table de nuit, et elle est lisible grâce à de gros chiffres verts. Ici, on a des chiffres qui dépendent du thème, pas spécialement lumineux ni vraiment mis en avant. Le second défaut est aussi personnel : le réveil est bien trop lumineux la nuit quand on bouge. J’ai tendance à vouloir être dans le noir total, et la dalle LCD, même au minimum, est lumineuse et me gêne.
Parlons de l’interface
L’écran du réveil n’est pas tactile, mais Nintendo a pensé a une solution globalement efficace. Le gros bouton est une molette cliquable, et il y a un bouton de retour et un second qui permet d’afficher les messages. Pour la majorité des usages, c’est parfaitement suffisant : on fait tourner le gros bouton, on le presse pour valider et on peut effectuer la majorité des manipulations facilement. Le seul moment où c’est réellement fastidieux, c’est pour connecter l’Alarmo à Internet : entre le mot passe du réseau est vraiment lent, mais c’est normalement une tâche qui ne se répète pas. Pour chaque caractère du mot de passe, il faut faire défiler pour trouver le bon, puis valider, ce qui prend du temps.
Le réveil
Parlons réveil, l’usage principal. On peut définir l’heure, évidemment, mais aussi activer (ou désactiver) le capteur de présence. C’est un mécanisme qui travaille dans la bande des 24 GHz pour vérifier si vous êtes présents et si vous bougez. L’idée de Nintendo, c’est de l’utiliser pour adapter l’alarme. Si le réveil détecte que vous ne vous réveillez pas (enfin, si vous ne bougez pas), il va relancer l’alarme, de plus en plus fort jusqu’à ce que vous sortiez du lit. Dans la pratique, on peut définir un mode tranquille (l’alarme ne vas pas modifier son volume), un mode modéré (ça va augmenter lentement après 20 minutes), un mode énergique (ça va augmenter assez rapidement) ou désactiver le capteur. Dans ce mode, il faut simplement presser le bouton et le tourner pour arrêter la sonnerie.
Pour les sonneries, il y a beaucoup de choix, et Nintendo ajoute de temps en temps de nouvelles sonneries. Actuellement (version 4.0), on a donc Super Mario Bros. (quatre scènes), Super Mario Odissey (sept scènes), The Legend of Zelda : Breath of the Wild (sept scènes), Pikmin 4 (sept scènes), Splatoon 3 (sept scènes), Ring Fit Adventure (sept scènes), Mario Kart 8 Deluxe (sept scènes), Animal Crossing : New Horizon (sept scènes), Kirby et le monde oublié (sept scènes), Super Mario Bros. Wonder (sept scènes) et Donkey Kong Bananza (sept scènes). On peut soit définir une scène précise, soit une scène aléatoire dans un jeu précis, soit une scène aléatoire dans tous les jeux. On peut aussi définir des favoris pour privilégier certaines scènes.
Est-ce que ça marche bien ? Après une calibration et si vous êtes seul dans le lit, oui. Si vous êtes deux, ça marche si vous vous levez en même temps. Si ce n’est pas le cas, ça peut poser des problèmes si le réveil est pour la première personne qui se lève : l’Alarmo n’est pas capable de déterminer qui reste dans le lit. Dans les autres trucs, changer de sonnerie est un peu fastidieux, on doit refaire toutes les manipulations à chaque fois (même si c’est rapide) et le réveil ne permet pas de définir une valeur pour le week-end, par exemple : il faut le faire le vendredi soir.
Enfin, la qualité sonore est moyenne, mais ça reste un réveil et il ne joue pas de la grande musique, donc ça passe.
Les autres fonctions
On peut activer un carillon horaire, qui est un peu redondant avec la Fleur cancan. C’est juste une sonnerie horaire, qui va retentir entre l’heure de réveil et l’heure de coucher.
Il y a un historique de sommeil, accessible dans les menus, mais ça a peu d’intérêt : les données restent dans le réveil, nécessitent un peu de manipulations et ne sont pas totalement précises. C’est amusant à regarder si vous n’avez pas de montre connectée, mais ça ne va pas tellement plus loin, c’est dommage. Les données sont supprimées après un certain temps qui dépend du type d’informations.
On peut aussi jouer des sons relaxants, mais la mise en place va dépendre d’une heure de coucher spécifique, qu’on définit. Donc soit vous allez dormir tous les jours à la même heure (exactement), soit vous allez devoir le configurer à chaque fois. La durée varie de 1 minute à 60 minutes. Les sons ne démarrent que si vous êtes dans le lit et immobile.
Enfin, il y a l’aide et les paramètres. On peut remettre à zéro le réveil, modifier le volume, calibrer le capteur, modifier l’heure (il se règle automatiquement via Internet par défaut), régler la luminosité de l’écran, la lumière de la molette, connecter un compte Nintendo (via un code QR), modifier la langue de l’interface ou obtenir quelques informations. Pour l’heure, d’ailleurs, il est possible de régler le réveil manuellement et une batterie interne garde l’heure s’il n’est pas alimenté.
La mise à jour
La mise à jour n’est pas forcément intuitive : elle est dans Nouvelles sonneries. Ce n’est pas présenté explicitement comme ça, mais c’est une recherche de mise à jour de firmware, qui peut prendre un peu de temps. Nintendo a proposé plusieurs mises à jour depuis le lancement (on est en 4.0).
Pour conclure, c’est cher (100 €), il y a des défauts objectifs – pas d’adaptateur secteur, un écran LCD rectangulaire – et subjectifs (ça éclaire trop) mais ça passe quand même à peu près parce que le produit est globalement bien conçu et que Nintendo a un capital sympathie évident, comme avec la Fleur cancan. Et une fois qu’il est connecté au Wi-Fi (l’étape fastidieuse), c’est assez simple à utiliser.





















