Avec les Mac à base de M4 Pro, M4 Mac, M5 Pro, M5 Max et M3 Ultra, Apple propose une compatibilité Thunderbolt 5. Cette technologie permet 80 Gb/s (la majorité du temps) et 120 Gb/s (dans un cas particulier), et Razer propose une station d’accueil compatible. Elle est assez onéreuse (440 € pour le modèle testé) et existe aussi avec les loupiottes RGB pour quelques euros de plus. Elle a des avantages, comme un emplacement pour un SSD rapide (~7 Go/s), mais aussi des défauts importants.
Visuellement, c’est un gros blocs d’aluminium de 20,6 x 8,5 x 3,1 cm, pour 517 grammes. Le bloc d’alimentation externe est aussi assez imposant : 15,4 x 7,5 x 3,1 pour 557 grammes. Il a le défaut d’avoir une prise C6 « Mickey » et de passer par une prise barrel et pas de l’USB-C.
Sur l’avant de la station, il n’y a rien, contrairement à d’autres modèles Razer. C’est un peu dommage de ne pas avoir de prises USB en face avant. À l’arrière, on a une série de prises, par contre. On commence par une prise jack 3,5 mm. C’est un modèle 4 points, qui gère donc directement les microphones. C’est un contrôleur audio classique (24 bits, 48 kHz) qui n’est visible que si vous branchez des écouteurs ou des enceintes, ce qui est un bon point. Vous ne verrez donc pas une sortie fantôme si vous n’avez rien de branché.
Ensuite, on a une prise USB-C à 10 Gb/s et deux prises USB-A à 10 Gb/s. La prise USB-C ne gère pas la vidéo, uniquement les données. Au centre, il y a la prise barrel qui permet d’alimenter la station. Et tout à droite, il y a une prise Ethernet à 1 Gb/s, un drôle de choix. C’est un contrôleur RTL8153 en USB en interne, ce qu’on trouve dans les adaptateurs noname à 15 €. C’est vraiment un choix étonnant dans une station de ce prix : on pouvait attendre au moins de l’Ethernet à 2,5 Gb/s ou 5 Gb/s, et même une puce à 10 Gb/s aurait trouvé sa place.
L’organisation interne est un peu suprenante, aussi. Il y a un hub USB 10 Gb/s interne, sur lequel sont connectés la prise Ethernet et les deux prises USB-A. Il y a ensuite un second hub USB 10 Gb/s (chaîné) avec la prise USB-C et le lecteur de cartes.
Sur la tranche, il y a un lecteur de cartes SD, compatible UHS-II. Il atteint un peu moins de 250 Mo/s avec ma carte de test. Le lecteur de cartes est aussi UHS-I DDR208, donc les cartes rapides peuvent dépasser 104 Mo/s. C’est un peu dommage, par contre, il n’y a pas de lecteur de cartes microSD.
Maintenant, il faut parler des prises Thunderbolt. La station est techniquement un hub Thunderbolt 5, donc il y a une entrée (qui fournit jusqu’à 140 W à un Mac compatible) et trois sorties. Elles permettent des débits de 80 Gb/s avec des périphériques Thunderbolt. Premier point à prendre en compte, le Thunderbolt 5 permet 80 Gb/s, mais il n’y a que 64 Gb/s pour les données (quatre lignes PCI-Express 4.0). Petite subtilité, la station fonctionne avec l’USB Tunneling : si vous connectez la station directement à un Mac compatible (les Mac Apple Silicon), c’est le contrôleur du Mac qui va prendre la main et donc les performances des prises avec des accessoires USB-C seront les mêmes que directement sur le Mac.
Mais si vous branchez la station sur un Mac Intel, ou derrière un accessoire qui ne prend pas en charge l’USB Tunneling (une station Thunderbolt 3 par exemple), c’est le contrôleur Intel qui prend la main et il est plus rapide que le contrpoleur Apple. Il prend surtout en charge l’USB 3.2 Gen 2×2 à 20 Gb/s. Je l’avais expliqué il y a quelques mois. C’est un problème qui n’est pas lié à Razer ici, mais bien à Apple : dans quelques cas particuliers, les SSD externes sont donc plus rapides avec cette station sur un Mac Intel (ou dans une chaîne) qu’avec un Mac Apple Silicon en direct.
Enfin, la station n’a pas de sorties vidéo classiques, mais les trois prises Thunderbolt 5 prennent en charge la vidéo. Si vous avez le Mac idoine, il est possible de connecter trois écrans 4K à 144 Hz, par exemple. C’est aussi le cas ou le Thunderbolt 5 passe à 120 Gb/s dans un sens : vers un écran. C’est un mode asymétrique, donc au lieu d’avoir 80 Gb/s dans chaque sens, on a 120 Gb/s vers un écran et 40 Gb/s vers le Mac. C’est un mode qui sert essentiellement pour les écrans haut de gamme, et qui n’a pas d’intérêt pour le reste des accessoires. Si vous mettez un SSD derrière un écran compatible, il va récupérer seulement 40 Gb/s en lecture (du SSD au Mac) et une partie des 120 Gb/s en écriture. La partie en question dépend un peu de l’écran, mais sur les modèles qui doivent passer dans ce mode, vous aurez forcément moins que les 80 Gb/s du mode symétrique.
Pour rappel, il faut un Mac avec une puce Pro ou Max pour gérer autant d’écrans. Sur un MacBook Air M1 ou M2, vous n’aurez qu’un écran externe, deux sur un MacBook Air M3 (sans l’écran interne) et deux sur un MacBook Air M4 ou M5 (avec l’écran interne). C’est aussi valable pour les iMac et les Mac mini, avec d’autres limites. Sur un M1, vous n’aurez qu’une sortie sur la station, car le Mac mini M1 impose un écran externe en HDMI. Sur un Mac mini M2, vous n’en aurez que deux, a trois sur un Mac mini M4.
L’emplacement M.2 et le défaut de la ventilation
Avant de parler de l’emplacement M.2, un mot sur le gros défaut de la station : la ventilation. Elle est refroidie activement et le ventilateur, qui accélère assez rapidement, est audible. Il a de bonnes raisons d’être là, les SSD M.2 peuvent chauffer, mais c’est assez vite énervant. Pour tout dire, sur ma station, j’ai débranché le ventilateur. Ce n’est pas simple, le connecteur est peu accessible, mais c’est possible. Je vous le déconseille tout de même, ça peut chauffer pas mal si vous laissez la station à demeure (ce qui n’est pas mon cas).
L’emplacement M.2 pour un SSD 2280 est sous la station, et Razer fournit un gros pad thermique qui va permettre de diffuser la chaleur du SSD vers le boîtier. Le choix du SSD a de l’importance : il faut un modèle PCI-Express 4.0 rapide (la limite réelle du Thunderbolt 5 est vers 7 Go/s) ou un modèle PCI-Express 5.0, même si ça chauffe un peu trop. J’ai eu de meilleurs débits que lors de mes essais en août 2025, d’ailleurs : on peut atteindre 7 Go/s en lecture. En écriture, mon SSD de test limite à 4 Go/s, mais c’est parce qu’il a une capacité un peu faible (1 To) : les modèles avec une plus grande capacité sont plus rapides. J’avais testé un SSD externe Thunderbolt 5 de chez LaCie (n’allez pas voir le prix…) et il dépassait 5 Go/s en écriture.
On peut aussi mettre autre chose qu’un SSD dans l’emplacement M.2, d’ailleurs. j’avais installé une carte Ethernet 25 Gb/s en bidouillant un peu.
Des défauts évidents, mais de bonnes performances
D’un côté, on a une station avec trois sorties Thunderbolt 5 et capable de fournir 140 W à un Mac, ce qui est plutôt sympathique. Il y a aussi une prise jack pratique, quelques prises USB-C et USB-A et un lecteur de cartes rapide. Et évidemment un emplacement M.2 (très) rapide, pratique pour ceux qui veulent du stockage aussi performant (ou presque) que de l’interne.
Mais de l’autre, on n’a pas de prises en face avant, un ventilateur, une prise Ethernet indigne d’une station à 440 €, pas de lecteur de cartes microSD, pas de sortie vidéo en direct et un bloc d’alimentation plutôt gros. je ne mets pas de notes sur ce blog, mais il faut être réaliste : ce n’est pas une station Thunderbolt 5 que je recommande les yeux fermés. Mais si vous avez besoin des cas précis mis en avant (essentiellement l’emplacement M.2), ça reste un produit efficace tout de même.














