Quicktake 200, le quatrième appareil photo d’Apple

Après pas mal de recherches, j’ai enfin réussi à faire fonctionner mon Quicktake 200, le quatrième appareil photo d’Apple. Il me manquait une carte mémoire, que j’ai trouvé.

Petit rappel historique : en 1994 et 1995, Apple sort trois appareils photo numérique, le QuickTake 100, le 100 Plus et le 150. Ils sont pratiquement identiques, fabriqués en partenariat avec Chinon et permettent de faire des photos en VGA. Il s’agit d’appareils atypiques : ils n’ont pas d’écran pour visualiser les photos, pas de carte mémoire et possèdent un look assez éloigné d’un appareil photo classique.

Le QuickTake 200, lancé en 1997, ressemble beaucoup plus à un appareil photo numérique moderne. Tant dans sa forme, proche de celles des argentiques compacts et numériques actuels, que dans la philosophie. On retrouve en effet un écran LCD pour viser et regarder les photos et une carte mémoire amovible. En pratique, c’est un clone d’un modèle Fujifilm (le DS-7) et il existe au moins un autre clone, le Samsung SSC-350N.

Le QuickTake 200


Le petit écran de 1,8 pouce


Les commandes


La trappe pour la carte


Les sorties (secteur, vidéo analogique, série)

Il a des airs modernes, mais ne l’est clairement pas, il a tout de même 20 ans. Le capteur travaille en VGA, il n’a pas d’autofocus (juste trois positions pour la mise au point), pas de viseur intégré et pas de flash. Le viseur externe était fourni – je ne l’ai pas – et se fixait sur le corps de l’appareil. Question connectique, c’est assez basique : une prise pour alimenter l’appareil (en 6 V), une sortie vidéo NTSC en composite et une prise série avec un connecteur jack 2,5 mm. Je n’ai pas le câble et – de toute façon – c’est trop obsolète (et lent) pour être utilisé en 2017. Pour ceux qui veulent essayer, le brochage permet de se fabriquer un câble facilement, soit vers du Mini DIN (Mac), soit du DE9 (PC).

Le soucis de la carte mémoire

Ce qui m’a bloqué un moment, c’est la carte mémoire. En 1997, on trouvait essentiellement deux formats : Compact Flash (oui, déjà) et Smart Media. La première utilise une interface de type IDE un peu modifiée, la seconde n’intègre pas de contrôleur : il s’agit essentiellement d’une puce de mémoire flash avec des broches externes. Les cartes Smart Media étaient très fines et existaient en deux variantes : 5 V et 3,3 V. La première, utilisée par le QuickTake 200, est rare et n’a été proposé que quelques années. En 5 V, on trouve des cartes de 512 ko, 1 Mo, 2 Mo et 4 Mo. En 3,3 V, on passe de 2 à 128 Mo. La compatibilité entre les cartes est aléatoire : certains lisent uniquement les 3,3 V, d’autres uniquement les 5 V et quelques modèles les eux, avec des limites de capacité. L’appareil d’Apple se contente malheureusement des 5 V. En pratique, les cartes se négocient à des prix extrêmement élevés (25 € la 512 ko, ~60 € la 2 Mo) sur eBay, mais je ne m’en étais pas rendu compte en achetant un QuickTake sans la carte mémoire. Après de longues recherches, j’ai finalement trouvé un vieil appareil avec une carte de 2 Mo pour pas (trop) cher. Pour se donner une idée, le Quicktake vendu 600 $ en 1997 proposait une carte de 2 Mo et la version 4 Mo valait 130 $.

5 V à gauche, 3,3 V à droite


L’imposant lecteur de cartes

La seconde étape a été de trouver un lecteur. Je n’avais pas de câble pour le QuickTake – qui en plus nécessite de toute façon un vieux Mac avec un port série – et les lecteurs Smart Media restent rares. Après de longues recherches, je suis tombé sur un Fuji SM-R1 qui a plusieurs avantages : il lit les cartes 5 V (ce n’est absolument pas systématiques), il se connecte en USB et fonctionne sans pilotes sous macOS (certains demandent des pilotes). On trouve aussi de temps en temps des lecteurs en PC Card ou même sous la forme de lecteurs de disquettes, mais ce sont des solutions peu pratiques : elles demandent des pilotes et de vieux ordinateurs.

A l’usage

Sur une carte de 2 Mo, on peut mettre 21 photos en “fine” et 29 en mode classique (VGA dans les deux cas). Niveau réglage, c’est particulier : la mise au point passe par un sélecteur avec trois options (macro, portrait, paysage) et un second sélecteur gère l’ouverture (f2.2 ou f8). L’enregistrement reste assez lent, tout comme la visualisation (plusieurs secondes pour afficher une image). La sortie vidéo, en NTSC, réplique juste l’écran (interface comprise). L’autonomie est faible avec quatre piles, mais l’appareil se coupe automatiquement après 2 minutes (c’est débrayable). L’écran n’est pas très lumineux et propose une molette pour régler la luminosité.

Fine en ouverture f2.2


Fine en ouverture f8


Low en ouverture f2.2


Mode macro

L’interface de l’appareil.

Je n’ai pas de capture de l’interface côté Mac parce que je n’ai pas de câble (j’en fabriquerais peut-être un un jour), j’ai juste récupéré les photos sur la carte mémoire directement. Les fichiers JPEG contiennent les EXIF avec quelques informations, dont la vitesse d’obturation. Les fichiers “fine” pèsent à peu près 100 ko, les autres aux alentours de 64 ko.

Pour l’époque, c’était dans la moyenne des appareils photo numériques, mais Steve Jobs avait préféré se concentrer sur le coeur de métier d’Apple (les ordinateurs) et avait décidé d’arrêter les appareils photo, avant de revenir dans ce domaine dix ans plus tard.