Toshiba PDR-5, l’appareil photo qui fait lecteur de cartes en PCMCIA

En regardant une vidéo de Cathode Ray Dude il y a un moment, je suis tombé sur un appareil phot qui m’a intrigué : le Toshiba PDR-5. Ce modèle des années nonante intègre en effet un lecteur de cartes. Ou, plutôt, il est le lecteur de cartes, en format PC Card.

Il m’a fallu un peu de temps pour en trouver un (ça reste assez rare à un prix que je considère comme correct) mais je peux finalement vous proposer un petit test. Je n’ai pas tous les accessoires, donc je me suis concentré sur la partie stockage.

L’appareil

Première surprise, l’écran. Quand j’ai acheté l’appareil, les photos semblaient montrer un écran avec un rétroéclairage faible ou mort. Mais ce n’est pas un bug, mais une feature : ce vieux test l’explique, c’est un écran réflectif. Il est visible quand il y a de la lumière, donc pas dans le noir. C’est intéressant en extérieur, parce que ça consomme moins qu’un rétroéclairage (surtout dans les années nonante) mais ce n’est pas très satisfaisant pour autant. En en intérieur, on a l’impression que l’éclairage ne fonctionne pas, sauf si on a de la lumière qui tape directement dessus et même quand c’est le cas, c’est peu lisible. Dans l’ensemble, surtout avec les attentes modernes, c’est inutilisable.

Deuxième surprise, l’alimentation. l’appareil nécessite une pile CR123A. Ça se trouve facilement, mais vous n’en aurez probablement pas dans un tiroir, contrairement à des piles AA ou une batterie rechargeable en USB. Dans autres trucs techniques, on a une prise pour une alimentation externe (3 V), une sortie jack « digital » (visiblement pour un câble série comme pas mal d’appareils de l’époque, via une prise jack 2,5 mm). Il y a aussi une sortie vidéo analogique en NTSC, à travers une prise jack (je ne l’ai pas testée).

Question photo, c’est les années nonante : un capteur VGA (un peu plus en réalité, mais il donne des images en 640 x 480) avec une mise au point fixe et un mode macro manuel. Il y a un flash et on a un équivalent 39 mm pour l’objectif, donc c’est serré. Dans l’ensemble, c’est médiocre comme souvent à cette époque, mais les photos sont accessibles facilement.

L’iPhone (la tente photo est très éclairée…)


Mon sapin (qui a été flashé)


En extérieur (un peu sombre)



Dans un supermarché très éclairé

Le stockage

La raison de l’achat, c’est le stockage. L’appareil enregistre les photos sur des cartes Smart Media 3,3 V (et pas 5 V) avec une compatibilité moyenne. Mes deux cartes de 64 Mo ne passent pas, et j’ai donc commandé deux cartes de 2 et 4 Mo en Chine (les gens pressés achèteront une carte de 16 Mo neuve à 20 €). La première a fonctionné directement, la seconde a affiché une erreur, mais le menu m’a permis de la formater (ce qui n’est pas le cas des 64 Mo). C’est très courant avec les Smart Media : les cartes sont littéralement des puces de mémoire flash, sans contrôleur, et si l’appareil n’a pas les données pour la puce, ça ne fonctionne pas.

La partie intéressante, c’est évidemment le lecteur de cartes intégré. L’arrière de l’appareil (les boutons et la protection de l’écran) peut en effet pivoter et s’insérer dans un emplacement PC Card. J’ai eu un peu peur pour la compatibilité : dans la vidéo de Cathode Ray Dude (qui m’a fait découvrir cet appareil), ça ne fonctionne pas sans pilotes. Et l’appareil ne monte pas dans mon adaptateur USB.

L’appareil s’ouvre

Mais en testant dans un vieux PC sous Windows 7 et avec un PowerBook G4 Titanium, ça fonctionne nativement. Il faut bien allumer l’appareil photo avant de l’insérer et il devrait monter la carte. Il utilise visiblement directement le protocole ATA comme pas mal de PC Card, donc l’OS voit un « disque dur » IDE. La compatibilité n’est cependant pas parfaite : dans mon premier PowerBook, ça ne fonctionne pas à tous les coups. Reste qu’avec Mac OS X Tiger et Windows 7, il a suffit d’insérer l’appareil pour lire les photos.

C’est de l’ATA


Visuellement, c’est un peu bizarre, et je pense que c’est dangereux pour ceux qui sont un peu maladroits (il est facile de claquer l’écran sur le coin de l’appareil photo) mais c’est tout de même beaucoup plus simple que les autres méthodes de l’époque. En effet, on avait le choix entre se connecter avec un câble série propriétaire et installer un programme depuis des disquettes, insérer la carte mémoire dans une disquette FlashPath ou passer par un lecteur de cartes. Dans ce dernier cas, il fallait évidemment souvent de l’USB et des pilotes, les lecteurs de Smart Media ne sont pas tous UMS.

C’est particulier

La solution de Toshiba est donc plutôt intelligente, même si elle nécessite un PC portable : c’est rapide, simple et sans prise de tête. Par contre, la partie photo est vraiment médiocre, et c’est un peu dommage.