Le message chrétien bien caché dans le vinyle No Glasses Needed d’In-3D

Bon, il y a probablement un truc entre les groupes de rock chrétiens et le Commodore 64 (ou c’est une coïncidence) mais le vinyle No Glasses Needed du groupe In-3D (vous avez la blague ?) contient un petit morceau de code pour le Commodore 64. Je n’ai pas réussi à le décoder… mais une personne l’a fait. Je m’explique.

Au lieu de vous mettre tous les articles précédents à chaque fois, je vous renvoie vers la page dédiée, elle explique ce que je fais avec les vinyles et liste toutes les pages qui contiennent les programmes, les explications, etc.

 

La pochette

Le programme est sur la seconde piste, Neurotica (elle est sur YouTube). La pochette du vinyle n’indique pas la présence des données – je n’ai pas le CD ou la cassette, ils sont très onéreux – et pendant un temps, je me suis même demandé si ce n’était pas simplement des sons aléatoires. J’avais juste trouvé un message dans les commentaires d’une vidéo YouTube qui indiquait la présence de la porteuse. J’ai essayé longtemps de récupérer les données, depuis YouTube ou depuis le vinyle, sans réel succès. Assez récemment, je suis tombé sur une interview de John Fincher (membre du groupe) qui a confirmé la présence d’un message. Le podcast date de novembre 2025 et il évoque bien le programme vers 48 minutes.

Le message qui ma donné une piste


L’arrière de la pochette

Au passage, dans mes premiers essais, j’ai eu un problème purement technique : j’enregistre habituellement sur l’entrée micro d’une carte audio externe, et elle est monophonique. Et avec l’adaptateur jack vers RCA que j’utilise, je ne récupérais que le canal de droite. En passant sur l’entrée ligne, j’avais bien les deux canaux, mais avec un niveau un peu faible pour le décoder.

Le folder interne n’indique rien

Comme je n’arrivais à rien, je suis allé poser la question sur un forum dédié. J’ai même pensé un moment que c’était autre chose, mais non : nc513 a réussi à décoder le fichier. Je vous mets une traduction de son explication.

J’ai commencé par filtrer assez brutalement les basses fréquences ainsi qu’une partie des hautes. Après cela, la forme d’onde avait meilleure allure, mais restait loin d’être idéale. Une quantité non négligeable de bruit de fond était toujours présente. J’ai quand même décidé de tenter une conversion en .tap, mais surtout PAS en utilisant WAV-PRG ou AudioTap.
Le graphe des impulsions résultant était franchement affreux, mais j’ai tout de même essayé d’y définir des seuils à peu près cohérents, afin de séparer les impulsions courtes des moyennes, ainsi que les moyennes des longues. J’ai ensuite tenté de décoder le flux d’impulsions à l’aide d’un programme très basique que j’ai écrit moi-même (20 impulsions donnent un octet de données).
À ce stade, il est devenu évident que l’enregistrement était un programme BASIC court et simple, sans en-tête, mais qu’une grande partie était encore corrompue. Heureusement, l’intégralité de la partie données (incluant la copie dite « first » ainsi que la copie « repeat ») de l’enregistrement C64 original était présente sur le LP. En étudiant côte à côte les blocs « first » et « repeat », j’ai essayé de sélectionner, dans chacun, les séquences d’impulsions les plus propres afin de construire un fichier .tap moins corrompu.
Cette étape n’est pas triviale, mais des années d’expérience avec ce genre de choses aident beaucoup. Lorsque j’ai finalement tenté de décoder le flux d’impulsions manipulé, j’ai obtenu un fichier .prg plutôt correct ; malgré quelques corruptions, il était facile de comprendre quel devait être le message secret. Après un peu de déduction et quelques ajustements supplémentaires, j’ai obtenu un résultat parfait avec la somme de contrôle correcte.

En clair, il a bidouillé le code et ce n’est pas stricto sensu une récupération, mais ça ne change rien au résultat dans l’absolu. Il a tout de même mis son nom dans le nom du programme. Le résultat est de toute façon assez court : quatre lignes de BASIC avec un message : « in all of this confusion jesus is the answer ». C’est du rock chrétien, c’est assez classique (même si un peu cliché).