Pour le boulot, j’ai pu tester deux webcams intéressantes, les Link 2 Pro et Link 2C Pro. Et les choix techniques d’Insta360 sont intéressants, parce qu’ils ne sont pas les mêmes que pour d’autres fabricants de webcam haut de gamme.
Je vous conseille d’aller lire le test sur MacG, évidemment.
Parler de webcams, c’est extrêmement subjectif. Certains veulent juste un truc qui affiche une image et qui se fait oublier, sans trop se soucier de la qualité de l’image. En clair, la webcam intégrée dans l’écran d’un ordinateur portable, celle intégrée dans de (rares) moniteurs ou n’importe quel modèle d’entrée de gamme suffit. La qualité est parfois médiocre ou mauvaise : en 2026, Hori vend encore une caméra VGA (480p). Dans la pratique, la qualité va un peu dépendre de l’appareil (certains MacBook ont des caméras réellement déplorables) mais aussi de l’environnement. Si vous avez une pièce (très) bien éclairée, ça peut passer.
Puis il y a ceux qui veulent une webcam de bonne qualité, mais sans nécessairement mettre le prix d’un appareil photo haut de gamme. De façon assez large, le marché va en gros d’une cinquantaine d’euros (une Logitech 1080p un peu ancienne comme la 920) à plus de 200 €, comme ici avec les Link 2(C) Pro. Si vous montez en prix, vous aurez un capteur plus grand, plus défini (4K au lieu de 1080p), un bon microphone, une compression plus efficace, etc. Si vous voulez mieux que ces webcams, il faut aller vers des appareils photo dédié (par exemple avec une carte d’acquisition HDMI) ou tout simplement utiliser un iPhone avec un support.
Insta360 se place un peu entre les deux, en réalité : c’est quand même (très) cher pour une webcam, mais avec de bons arguments.
Les choix techniques
Il y a deux choix techniques intéressants. Le premier, c’est qu’il y a un micro. Dans ma webcam 4K Dell, par exemple, il n’y en a pas. Ce n’est pas une question de prix (elle est onéreuse), mais un choix assumé, comme chez Elgato. Certains constructeurs considèrent qu’une personne qui va mettre 200 € dans une webcam a déjà un microphone correct, ou ne va pas se contenter de celui d’une webcam. C’est un raisonnement qui peut se tenir, mais c’est quand même parfois bloquant de ne pas avoir de microphone, même d’appoint.
Le second choix vient de la liaison. Par défaut, les webcams sont en USB 2.0 avec de la compression en MJPEG et en H.264. Bon, le H.264 n’a toujours que peu d’intérêt, même si on peut récupérer le flux directement, mais c’est tout de même assez étonnant. Pas mal de constructeurs sont passés en USB 3.0 sans compression, ce qui améliore l’image dans certains cas, mais qui nécessite de l’USB 3.0 (logique). L’autre point un peu étonnant, c’est que la définition de base est élevée. Par défaut, on a du 1 280 x 720 ou du 1 280 x 960 à 60 images/s (24, 25, 30, 50), du 1 920 x 1 440 et 1 920 x 1 080 (idem) et du 3 840 x 2 160 (24, 25, 30 images/s). C’est inhabituel et ça peut poser des soucis de compatibilité : certains appareils veulent obligatoirement du 640 x 480 (coucou la Switch 2). Il y a une option dans le logiciel pour forcer le mode 480p, mais ce n’est pas en standard.
Deux webcams
Les deux webcams sont assez proches. La Link 2C Pro est un modèle assez classique, avec une prise USB-C à l’arrière. On a un microphone sur le dessus, un objectif décentré (à gauche) et un aimant sur la base. Sur la gauche, il y a aussi un petit interrupteur pour fermer l’iris (façon Stargate). La webcam reste active (microphone compris) mais l’objectif est obstrué. La petite base fournie a deux charnières, pour mettre la caméra sur la majorité des ordinateurs portables et des moniteurs pas trop épais. La partie droite est une sorte de bouton tactile qui applique un zoom 1,5x à l’image, sans aucun intérêt (c’est un zoom numérique). Sur le côté physique, c’est tout ce qu’il y a d’intéressant.
La seconde reprend la même base, mais avec un stabilisateur intégré. Il a deux axes, un horizontal (elle peut regarder vers le bas et vers le haut) et un vertical. La caméra peut tourner sur elle-même. Ce n’est pas à 360°, mais c’est suffisamment large pour vous suivre automatiquement grâce à l’IA. Le bouton à droite, sur la Link 2 Pro, active le suivi par IA. Il y a un cercle lumineux qui est vert quand elle est active, turquoise quand le suivi est actif et rouge quand elle est plantée (ça arrive). Elle n’a pas de cache physique comme la Link 2C Pro, mais elle se place automatiquement en position basse (en visant le sol) quand elle n’est pas utilisée. Un accès logiciel au microphone ou à la caméra l’allume et elle se repositionne, donc vous devriez détecter un accès inopportun.
Dans la suite, je vais mettre au singulier, les deux webcams sont identiques sur pas mal de points.
Un gros capteur
Ce qui est important dans la webcam, c’est le capteur de 1/1,3″. C’est très grand pour une webcam, ce qui donne une image d’excellente qualité. La taille des capteurs, c’est un peu compliqué : un capteur de 1 pouces (1″) ne fait ni 1 pouce de large, ni 1 pouce de haut, ni 1 pouce de diagonale. En fait, le 1 pouce est le diamètre du tube (circulaire) dans lequel le capteur s’insère, c’est un reliquat des technologies issues des tubes cathodiques. Comme les capteurs ne sont pas carrés (en ratio 1:1), la valeur de 1 pouce n’est nulle part. Un capteur d’appareil photo en 3:2 mesure 13,2 x 8,8 mm, mais ici il est a priori en 4:3 (compte tenu des définitions proposées), donc des valeurs un peu différentes.
Maintenant, 1/1,3″, ça veut dire quoi ? Qu’on prend un capteur de 1 pouces et qu’on divise sa surface par 1,3 (~77 % de sa surface). Dans la Link 2C classique, c’est un capteur de 1/2″ par exemple (donc 50 % de la surface d’un capteur de 1 pouce). Plus simplement, le capteur est assez grand, ce qui améliore la qualité de l’image. C’est particulièrement visible dans les endroits sombres : le résultat est réellement bon pour une webcam.

La webcam Insta360 avec comme seule source de lumière l’écran d’un MacBook Air M3 réglé à 50 % (et une page web ouverte)
A l’usage
Premier point, le modèle sur stabilisateur fait quelques mouvements quand on l’allume, probablement pour tester les axes. La webcam essaye ensuite de trouver une personne… et ça rate souvent. C’est un défaut qui va dépendre de la position de la webcam, je pense : dans mon cas, l’écran est placé assez haut sur mon bureau sur un support VESA et donc la webcam n’est pas sur le haut de l’écran mais sur un bras à ma gauche.
Question image, comme dit plus haut, c’est très bon, largement au-delà de la qualité d’une webcam moyenne. On peut noter un angle de vue un peu hybride (84°), entre le cadre serré de pas mal de modèles (sous 80°) et certains modèles plus larges, comme ma Dell, qui est à 90° par défaut. Contrairement à certains modèles haut de gamme (notamment chez Elgato), il y a un autofocus, par détection de phase. Elgato justifie le choix en expliquant que ses modèles ciblent les gens qui font du streaming et que le but est d’avoir des personnes nettes. Ici, on peut faire le point sur un objet proche (ou éloigné) mais forcément on peut se retrouver avec une personne floue avec certains mouvements, surtout si une main passe dans le champ. Les deux approches se défendent, c’est un compromis. Je préfère avoir un autofocus, mais ce n’est pas parfait : dans une pièce sombre, il peine franchement à faire le point sur mon visage.
La webcam est UVC, donc utilisable avec la majorité des systèmes d’exploitation. L’absence de certains modes (comme le VGA) limite un peu la compatibilité mais dans l’ensemble c’est utilisable sans les logiciels… mais c’est recommandé tout de même de les installer.
L’application
Link Controller pèse 1 Go (…) et propose pas mal de fonctions. On peut changer la définition de la caméra (ce qui se répercute dans les autres apps), changer d’orientation (si on a un trépied qui permet de passer en mode portrait), activer les modes basse définition, régler la vitesse de suivi, mettre à jour le firmware, etc.
Dans les options, il y a un mode qui détecte les tableaux blancs (je n’en ai pas), un qui permet de filmer le bureau pour montrer un document – la caméra motorisée va viser vers le bas, l’autre va tenter de (mal) recadrer -, des contrôles du moteur, des réglages de l’image et pas mal d’effets. Franchement, je vous renvoie vers le test sur MacG : je ne suis pas la cible des effets. On peut faire du flou, du bokeh, modifier l’arrière-plan (avec détection des écrans verts) ou appliquer un maquillage virtuel. C’est assez risible parce que les effets sont franchement exagérés, même par défaut. Pour le flou et les autres, par ailleurs, macOS propose déjà ça sur les Mac Apple Silicon (pas les Intel), donc c’est un peu redondant.
Pour que les effets soivent visibles dans toutes les apps, Insta360 a choisi une voie un peu particulière : une extension qui ajoute une caméra virtuelle sous macOS. Le système voit donc deux webcams, une virtuelle et une réelle. La première affiche en réalité les effets appliqués par l’application, comme le flou, l’arrière-plan, les effets, etc. C’est une solution astucieuse avec un défaut tout de même : la webcam virtuelle est disponible en permanence, même si la webcam physique n’est pas branchée. Si vous voulez la déactiver, c’est dans Réglages Système -> Général -> Ouverture et extensions -> (trier les extensions par catégorie) -> Extensions de caméra. En cliquant sur le ⓘ, vous pourrez désactiver l’extension, en perdant certains effets.
Il y a aussi un mode qui permet de commander la webcam depuis un smartphone, à travers une page web. Les deux appareils doivent être sur le même réseau Wi-Fi, et on a juste une page qui reprend les réglages de l’application.
Le microphone
La caméra intègre un double microphone, avec une réduction de bruit par IA (le mot à la mode). Il y a un micro directionnel et un omnidirectionnel, et par défaut le but est de ne garder que la voix, de façon très efficace. l’entrée est en 16 bits, 48 kHz et mono, rien de fou, mais les algorithmes suppriment bien les bruits de fond, c’est assez bluffant. Le seul défaut, c’est que ça modifie aussi un peu la voix. Le premier enregistrement est avec un micro classique, sans réglages particuliers. Le second avec la webcam, placée au même endroit.
L’application permet quelques réglages tout de même, si vous ne voulez pas les artifices du microphone. On peut même permettre à macOS de régler le volume d’entrée, ce qui peut servir.
De bonnes webcams
Techniquement, c’est très bien. Le grand capteur donne un excellent résultat, même dans des endroits sombres. Le son est bon avec le microphone intégré, l’autofocus marche bien (sauf s’il fait très sombre). Les fonctions de l’application me semblent inutiles sous macOS, mais sur un Mac Intel ou un PC sous Windows, c’est pratique tout de même et ça peut plaire, même si je ne suis pas la cible des effets d’embellissement. Les choix d’Insta360 sont des comrpomis intéressants, qui ont des avantages et des inconvéients, comme chez les autres fabricants de webcams. Le vrai problème, c’est le prix : 220 € pour la version classique, 270 € pour la seconde. C’est vraiment beaucoup pour une webcam. C’est quand même compliqué à justifier, même si l’image et le son sont bons. Parce que les gens qui ont réellement besoin d’une caméra de qualité ne se tourneront pas vers une webcam, mais vers un appareil photo dédié, par exemple. Mais si vous avez le budget, c’est quand même vraiment sympa.






























