Dans l’histoire des formats physiques, vous connaissez peut-être la bataille entre HD DVD et Blu-ray et celle entre Betamax et VHS, mais probablement pas celle entre Super Density Disc et MultiMedia CD. Et c’est normal : avant la sortie du DVD, les sociétés à l’origine de deux formats concurrents ont décidées de s’allier. Mais on trouve de temps en temps des restes de cette époque : j’ai récupéré un Super Density Disc. Et il y a une petir anecdote liée : son logo a été réutilisé pour les cartes SD.
J’avais déjà parlé du sujet des disques, mais voici un résumé. D’un côté, on avait le Super Density Disc (SD), développé par Toshiba, Matsushita, Hitachi, Pioneer, etc.. De l’autre on avait le MultiMedia CD (MMCD) de Philips et Sony. Au milieu des années nonante, l’industrie a forcé les deux sociétés à ne proposer qu’un seul disque, qui est devenu le DVD. C’est essentiellement un Super Density Disc sur le plan physique, mais avec l’encodage du MMCD, si j’ai bien compris. La page Wikipedia explique que le côté double face a été abandonné, mais ce n’est pas totalement le cas : il existe des DVD avec deux faces.
La fusion entre les deux formats a été imposée quand les deux types de disques avaient déjà été développés, et donc il y a eu des prototypes de disques… et j’en ai trouvé un. J’avais montré des photos à l’époque, et le mien est le même. Le premier que j’avais vu avait été distribué au salon IFA de Berlin en 1995, à peu près au moment ou Toshiba annonçait des lecteurs de SD-ROM. Le mien a été récupéré au Canada, mais c’est visiblement le même. Le disque ressemble à un DVD (ou un CD, ou n’importe quel disque optique de 12 cm). La face supérieure est brillante, mais la numérisation assombrit un peu le tout avec les parties réfléchissantes.
On peut voir le logo Super Density Disc (SD), qui a été récupéré pour les cartes SD (Secure Digital). Si vous vous êtes demandé pourquoi le D ressemblait aux reflets d’un disque optique sur les cartes, vous savez maintenant pourquoi.
Sur l’arrière de la pochette, un texte explique que le Super Density Disc est le seul vrai choix, et met en avant une capacité de 5 Go sur une face, 10 Go sur deux faces, 9 Go sur deux couches et 18 Go sur deux couches et deux faces. C’est un peu plus que les DVD, parce que l’encodage du MMCD (qui a été utilisé) est moins efficace mais plus pratique. Dans les DVD, on a 4,7 Go, 8,5 Go, 9,4 Go et 17 Go.
Powerful. Developed by a coalition of 17 leading entertainment and electronics companies, the Super Density Disc (SD) offers more features and advantages than any other high density disc on the market or in development. Flexible. The SD standard will accommodate interactive television, multiple screen angles, multiple video and HDTV formats. Versatile. SD is a suite of high density products, including 5 gigabyte and 9 gigabyte single-sided discs and 10 gigabyte and 18 gigabyte double-sided discs. Real. It is the first and only high density disc to be tested and successfully mass produced – with a minimal factory retooling cost and in shorter cycle times than CDs.
Puissant. Développé par une coalition de 17 grandes entreprises du divertissement et de l’électronique, le Super Density Disc (SD) offre plus de fonctionnalités et d’avantages que tout autre disque haute densité disponible sur le marché ou en cours de développement. Flexible. Le standard SD prendra en charge la télévision interactive, les angles de vue multiples, ainsi que plusieurs formats vidéo et HDTV. Polyvalent. Le SD est une gamme de produits haute densité comprenant des disques simple face de 5 et 9 gigaoctets, ainsi que des disques double face de 10 et 18 gigaoctets. Concret. C’est le premier et le seul disque haute densité à avoir été testé et produit avec succès en grande série — avec un coût minimal de rééquipement des usines et des cycles de production plus courts que ceux des CD.
Lire un Super Density Disc ?
Peut-on lire un Super Density Disc ? Bonne question. J’ai essayé avec quelques lecteurs optiques sans succès : ils refusent tous. J’espérais qu’un SD-M1002, le premier lecteur de DVD-ROM de Toshiba, accepte le disque mais ce n’est pas le cas. Il semble physiquement proche du modèle montré pour les Super Density Disc, mais ça ne fonctionne pas. J’ai même flashé un vieux firmware (1477) pour essayer, mais sans succès. Peut-être que le firmware original (0577) est compatible mais je n’ai pas trouvé de quoi flasher le lecteur. Au passage, la nomenclature des lecteurs optiques de Toshiba utilise le nom SD, d’ailleurs.
Je n’exclus pas que les premiers lecteurs de DVD (comme le Toshiba SD-3000) puissent lire les Super Density Disc, mais je ne sais même pas si mon exemplaire contient réellement des données, en réalité. C’est aussi peut-être le cas des premiers lecteurs de DVD de Pioneer, aussi : sur une publicité d’époque pour le lancement du DVD, le lecteur de DVD est un lecteur de SD et il est physiquement identique au DVL-9, un lecteur qui lisait les DVD et les LaserDisc.









Merci Pierre pour ce morceau d’histoire que je ne connaissais pas !
Si tu cherches des idées de sujets pour te renouveler : est-ce que tu pourrais faire une série sur les ordinateurs NEXT en testant un modèle que tu aurais pu récupérer ?
Autre sujet : pourrais-tu également présenter les solutions alternatives à iCloud que l’on pourrait se créer en local chez soi, pour ne pas dépendre d’un abonnement tout en ayant une solution flexible MacOS / iOS ?
Bonne journée et longue vie à ton blog !
Bonjour Pierre,
Je m’associe totalement aux remerciements et propositions de Karamazow.
Bonne continuation.
@Karamazow
Les sujets, j’ai (beaucoup) de trucs et pas assez de temps (ni d’argent, mais c’est un autre problème sur certains trucs rétro). Le problème des NeXT c’est ça : une station NeXT, même en mauvais état, c’est horriblement cher. J’ai pleins de trucs un peu bizarre en attente, aussi, mais parfois j’ai même besoin de trucs comme du beau temps :D
Pour iCloud, franchement, j’ai pas de solution simple. C’est soit un truc bien intégré et payant, soit des trucs qui demandent du matériel (a minima un NAS souvent) et qui sont pas bien intégrées.