J’en ai parlé rapidement sur X et Bluesky, donc je vais donner un peu plus de détails. Depuis mai 2015 (environ), j’ai une petite expérience un peu longue sur des clés USB et autres cartes mémoire. L’idée est de voir si la mémoire flash va donner des erreurs avec le temps (je vais m’expliquer). Dans le post, j’explique que j’ai eu ma première erreur, après 11 ans.
La mémoire flash n’est pas éternelle, c’est un truc connu. Elle est sensible au nombre de cycles d’écriture, mais il y a un autre truc moins connu, la durée de rétention des données n’est pas infinie. C’est difficile de trouver des valeurs précises, mais en général on part du principe qu’une mémoire flash va garder les données au moins 10 ans. C’est habituellement calculé avec des contraintes assez fortes, quand le fabricant donne l’information, et une clé USB ou une carte mémoire ne va pas perdre les données après 10 ans… mais on peut commencer à avoir des bits qui changent de valeur aléatoirement après un certain temps, au moins en théorie.
Un bit qui change ne va pas nécessairement amener une erreur : si c’est juste le bit qui défini la nuance d’un truc rouge dans une image ou une vidéo, on peut avoir un artefact sur une image ou un point rouge qui n’a pas le bon rouge. Si c’est dans un programme, par contre, il peut ne plus se lancer. Et si c’est un bit qui ne contient rien (dans l’espace libre, par exemple), vous ne le verrez pas.
l’idée du test lancé en mai 2015, c’était de prendre une trentaine de périphériques, de les remplir de données aléatoires et de vérifier de façon périodique (quelques mois au début pour vérifier, tous les ans ou tous les deux ans ensuite) si les données avaient été modifiées. Ce n’est pas scientifique : ils sont stockés dans une boîte dans mon bureau (avec des variations de température) et l’échantillon est un peu faible. Mais ça permet de voir si les données se modifient avec le temps tout de même.
Il y a par ailleurs un point à prendre en compte : j’ai rempli les volumes, et je relis les données. Je sais que certains contrôleurs, dans ce cas de figure, font de la maintenance pour la gestion de l’usure. Mais je pars tout de même du principe que comme ce sont de vieilles clés USB, la gestion de l’usure est basique quand elle existe. Je n’ai pas écrit sur les volumes, sauf éventuellement ce que macOS a pu modifier. A chaque étape, j’ai simplement calculé le md5 des données et noté le tout dans une feuille de calcul.
Les clés
Il y a vingt-trois clés USB, des trucs publicitaires reçus en salon, des clés achetées à l’époque, etc. La capacité varie de 128 Mo à 8 Go. J’ai aussi mis quelques cartes mémoire, de 16 Mo à 256 Mo. Dans le tas, j’ai deux clés USB qui sont mortes le premier mois, c’était clairement de l’entrée de gamme pas très fiable. J’ai aussi une très vieille carte CompactFlash qui est morte après 3 ans et qui n’était plus lisible. Pour le reste, tout fonctionnait… jusqu’à maintenant.
Dans mon test de 2026, j’ai en effet une des clés USB qui a fait une erreur. L’empreinte md5 des données n’est pas la bonne. j’ai copié le fichier pour vérifier, et j’ai le même résultat. Tout ce que je peux conclure sur cette clé, c’est qu’un bit (au moins) a été modifié, et je ne connais pas la raison. C’est peut-être la rétention, c’est peut-être un rayon cosmique, etc. La clé USB fonctionne encore, donc je vais la garder pour la suite (mais pas stocker ma thèse).
Sur cette clé précise, je ne peux pas vérifier si un bit a été modifié pour une raison toute bête. En 2015, je n’ai pas sauvé mes fichiers de référence sur un autre volume (rétrospectivement, j’aurais pu). Et c’est malheureusement la seule clé USB avec ce fichier précis. C’est lié à un truc très bête : quand un fabricant annonce une clé USB de 8 Go, elle ne fait pas nécessairement 8 Go. Certaines font réellement 8 Go (8 000 Mo), d’autres 7,8 Go, 7,5 Go, etc. Et c’est la seule qui faisait 7,8 Go.
Dans tous les cas, j’ai rangé les clés USB dans la boîte et j’en reparlerais peut-être dans un an…
Un problème en 2026
Un dernier point, parce que ça peut sembler paradoxal : c’est probablement plus un problème en 2026 qu’en 2015. Les clés USB de l’époque étaient a priori à base de mémoire SLC (1 bit par cellule) ou MLC (2 bits). La TLC (3 bits) étaient assez récentes quand j’ai commencé, et les clés USB pas forcément neuves. La QLC (4 bits) n’était pas encore utilisée à ma connaissance. Et tant pour l’usure que pour la rétention, l’augmentation de la densité réduit la durée de vie, même si les mécanismes de gestion de l’usure sont meilleurs.
La durée de vie d’une clé USB publicitaire (ou d’entrée de gamme) de 2026, ou d’une carte microSD en chinoisium est donc probablement plus faible que celle d’une clé USB de 2015 ou d’une carte mémoire du début du siècle.





Tant que la clé usb que m’a remise mon notaire il y a 10 ans contient toujours mon acte d’achat, c’est bon. Je reste officiellement propriétaire de mon logement :)