Dans mes lubies, il y a les cartes mémoire. J’aime bien regarder ce que les fabricants essayaient de mettre en place à la fin des années nonante pour les appareils photo. Et même si en 2026 il ne reste que quelques formats (essentiellement tout ce qui dérive des cartes SD, en réalité), à une époque, chaque fabricant (ou presque) a tenté son propre standard (UFS, P2, NM Card, Miniature Card, etc.). Aujourd’hui, parlons NexFlash.
Les cartes NexFlash (ou Serial Flash Module) sont des cartes mémoire à base de mémoire flash assez compacte, avec une capacité de l’ordre de 128 ko à 4 Mo, ma carte a une capacité de 2 Mo. Les cartes mesurent 15 x 45 mm et ont été aussi vendues sous le nom MediaStik. Il y a peu d’informations sur le brochage, mais le connecteur n’a que 8 broches et le nom indique bien le fonctionnement : c’est une liaison série. Le format des cartes est assez long, à la manière des Memory Stick de Sony, et l’épaisseur varie un peu. Au niveau du connecteur, c’est 0,8 mm, mais sur les puces (deux dans ma carte), on monte à 3 mm environ. Il existe visiblement des cartes simple face.
Question appareils photo, je n’ai trouvé en réalité qu’un seul modèle : le Relisys Dimera 3500, qui est aussi le Mustek VDC-3500 ou le Trust Photocam Plus (le mien). Il y a tout de même un second modèle : Relisys a aussi sorti le Dimera 2000 (cloné sous le nom Trust Photocam). Franchement, il n’y a pas grand chose à dire : c’est un appareil photo numérique d’entrée de gamme de la fin des années nonante. Pas d’écran pour voir les photos, une logique calquée sur les appareils argentiques et la pellicule (on peut essentiellement tout effacer quand les photos sont récupérée), un capteur VGA (on peut passer en QVGA, 320 x 240) et les défauts classiques de l’époque, avec une image médiocre (au mieux). L’appareil a la désagréable idée de fonctionner sur une pile CR123A mais peut aussi fonctionner avec un adaptateur secteur 3 V. La connexion à un ordinateur passe par un port série, et une prise jack 3 points (donc une liaison basique). Bonne nouvelle, j’ai eu les accessoires.
Pour tester, j’ai mis une machine virtuelle Windows XP, les pilotes (récupérables sur Internet) et un adaptateur USB vers série. Et c’est assez instable : la transmission est lente, passer à 57 600 bauds pose des problèmes et le moindre couac pendant la transmission (mise en veille, charge CPU un peu forte, etc.) ajoute des artefacts dans la photo. Je ne sais pas vraiment comment ça communique, mais c’est suprenant : le programme semble lire depuis l’appareil ligne par ligne, sans correction d’erreurs. Il faut 2 minutes et 20 secondes pour une photo en 640 x 480 par exemple, à 38 400 bauds. En 320 x 240, c’est tout de même de l’ordre de 30 secondes.
Le logiciel montre ce que voit le capteur, mais avec une latence horrible, à 0,2 image/s et niveaux de gris. Mais on peut prendre une photo depuis le logiciel, puis attendre que l’image arrive. Quand on enregistre la photo en pseudo RAW (.wdc), on a une image en niveau de gris, et donc je suppose que c’est le logiciel qui applique la couleur.
Une fois les photos récupérées, on peut effacer l’entièreté de la mémoire flash en pressant plusieurs secondes Erase.
Lire les cartes mémoire
Il y a donc deux modèles d’appareils photo, mais qu’en est-il des lecteurs ? Visiblement, il n’y a pas grand chose. Pas d’USB, déjà, on était à une période ou la norme était encore rare. J’ai trouvé deux images pour un lecteur en port parallèle, et c’est la même image colorisée. Je ne sais pas si le logiciel permettait un accès comme un volume classique ou s’il devait faire une conversion comme pour l’appareil photo.
La documentation indique des débits faibles (200 ko/s) et on peut travailler en mode SPI ou en mode NXS, une liaison série propriétaire (selon les cartes). Ma carte est équipée de deux puces (une de chaque côté) et le brochage est documenté. On peut probablement récupérer le contenu avec du matériel adapté, mais elle est en 5 V et en protocole NXS… et de toute façon, je peux lire les images depuis l’appareil.
C’est surtout un format plus ou moins mort-né : deux appareils d’entrée de gamme clonés, et c’est tout. Mais c’est toujours sympa d’avoir une nouvelle carte mémoire dans ma collection.




















