Test de la manette Razer Prio pour iPhone : la manette qui se range facilement

Les manettes portables pour smartphones (berceau) sont pratiques, mais elles sont souvent un défaut : c’est moyennement portable. Il faut un sac pour les ranger, en plus du smartphone. La nouvelle manette Prio de chez Razer (110 €) tente de régler ce problème avec une solution intéressante : la manette se plie et se range.

j’aurais bien testé Sifu, mais il nécessite un iPhone 15 Pro

Une boite façon Apple

Je parle rarement de la boîte, mais Razer soigne souvent ce point, comme Apple. On a une jolie boîte, qui s’ouvre facilement et se démonte façon Transformers pour montrer la manette et ses rares accessoires. Il y a surtout deux renforts pour adapter la manette aux différents smartphones, mais logiquement pas de câble USB-C. Pas parce que Razer pense que vous en avez déjà un, simplement parce que la manette n’a pas de batterie.

La boîte

L’ouverture de la manette

Rangée, la manette mesure un peu plus de 10 cm sur 6,7 cm de large et 2,5 cm d’épaisseur pour 101 grammes. Sans être oubliable, elle passe bien dans une poche de pantalon (à l’avant), dans un sac, dans une veste, etc. Sur ce point, le pari de Razer est globalement gagné.

Fermée

Bon, honnêtement, je suis resté quelques minutes à chercher comment l’ouvrir. Petite explication : il faut pousser du côté opposé à l’élastique, dans la zone avec les rainures.

Il faut pousser ici


On voit le décalage

La manette s’ouvre, et les deux parties seront placées avec la même orientation.

Une fois déployée

Il faut ensuite faire pivoter de 180° celle qui a la prise USB-C.

C’est bon

Rien de compliqué, c’est assez rapide quand on a le coup de main. Même chose pour la ranger : on fait pivoter la partie avec l’USB-C, on tire un peu sur l’élastique pour aligner et on pousse. Une fois rangée, la manette est compacte et reste légère (101 grammes, contre 139 grammes sur une Backbone One).

En l’état, après quelques semaines, ça semble solide. Razer a quand même tendance à vendre des produits bien finis, c’est bien aligné, tout va bien. Je ne peux pas juger de la tenue dans le temps de l’élastique pour autant, surtout en prenant en compte le fait qu’il intègre la liaison entre les deux, mais ça semble solide. Une fois déployée, elle est un peu plus large que d’autres manettes de ce type, mais c’est à cause de l’élastique qui relie les deux parties. Pour la durabilité, on reste de toute façon sur un problème dans tous les cas : un élastique avec la liaison ici, une mécanisme coulissant dans les autres.

La manette

La manette a un agencement symétrique, comme les manettes de PlayStation avec les stocks analogiques placés en bas. La croix à gauche est correcte, et même si elle est dans un renfoncemnent, elle reste accessible. On a aussi un bouton Home placé en bas, à droite du stick de gauche et un bouton option (...) juste au-dessus. Dans la partie de droite, on a les classiques A, B, X, Y, un bouton Menu en haut à gauche, et un bouton qui ouvre l’app de Razer en bas à droite.

A gauche


A droite

Les deux sticks convexes ne sont pas très grands, mais ça passe assez bien comme ils sont placés dans un renfoncement. On a une bonne amplitude, et Razer explique que le drift est évité avec un fonctionnement capacitif en interne. Le clic des sticks est un peu dur, mais ça passe, notamment parce que ce n’est pas très utilisé dans les jeux iOS (plus dans les solutions de streaming pour les jeux PC). Derrière, on a deux gâchettes de chaque côté, avec R1 et L1 qui clique rapidement, et R2 et L2 avec un fonctionnement analogique. Je suis un peu plus critique sur ce point : la course est trop fluide, sans mécanisme pour régler la pression nécessaire (qui est trop faible). Par ailleurs, les gâchettes R1/L1 sont un peut trop petites et trop proches des R2/L2, ce qui peut amener une pression involontaire.

Dans l’ensemble, c’est très correct. Il y a quelques compromis pour rendre la manette plus compacte, mais pas de problèmes rédhibitoires pour autant. Au passage, la manette ne vibre pas, mais les jeux peuvent le faire depuis iOS 27 : les commandes sont envoyées au moteur haptique de l’iPhone.

Les gâchettes

La connexion USB-C

La manette est uniquement USB-C, pas de Bluetooth. Elle est pensée pour les smartphones (je reviens sur ça plus bas) et la connexion est forcément stable. Bien évidemment, elle nécessite donc un iPhone 15 au minimum. Pour garder le côté portable et compact, Razer n’a pas mis de fonctions annexes : il n’y a pas de sortie audio comme sur les Backbone One et pas de seconde prise USB-C pour la recharge ou de prise en charge des autres appareils. Il n’y a pas non plus de batterie dans la manette.

Comme pour certaines manettes du même type, Razer a choisi de mettre des renforts en caoutchouc pour adapter la manette à différents smartphones, et plus spécifiquement les iPhone. Les renforts notés A, préinstallés, sont pensés pour les iPhone classiques. Si vous enlevez les renforts, ça passe avec une coque pas trop épaisse. Il faut mettre le E côté croix directionnelle pour un iPhone Pro Max (et garder le A côté USB-C) et mettre le D côté USB-C et garder le A de l’autre côté pour un iPhone Air. L’installation est un peu laborieuse pour bien fixer, mais vous ne devriez pas le faire souvent.

Les renforts


Pour la prise USB-C

Enfin, si vous avez un smartphone Android, il est possible de passer en mode XInput (le protocole propriétaire des manettes Xbox) en pressant le bouton qui lance l’application Razer et X en même temps. Il faut faire la même chose avec A pour revenir au mode standard.

Sur un Mac ?

Est-ce que ça marche sur un Mac ? Non. La manette est bien reconnue en USB avec une rallonge USB-C – un accessoire qui ne fait pas partie du standard USB-C – mais pas en MFi.

L’application de Razer

L’application Cortex Mobile permet de mettre à jour le firmware (ma manette est en version 1.0, sans mise à jour). On peut aussi modifier la fréquence d’interrogation de l’USB-C (250, 500 ou 1 000 Hz), la zone morte des sticks et la façon dont les sticks renvoient les diagonales. Le mode standard envoie des directions marquées, le mode circulaire est un peu plus fluide. Par ailleurs, l’application gère bien les boutons de la manette, c’est toujours plaisant.

Pas de MAJ firmware


Les réglages USB


Les réglages des sticks

Une manette bien pratique

La manette elle-même n’a pas de gros défauts rédhibitoires et elle fonctionne dans tous les cas avec un smartphone classique (on oublie les pliants et les tablettes). L’idée de pouvoir la ranger est sympathique, et la mise en oeuvre est efficace une fois qu’on a compris le geste. Les compromis pour la rendre compacte et permettre de la ranger ne sont pas trop gênants à l’usage, et ça ne réduit pas (trop) l’ergonomie.

Le seul problème, en l’état, c’est peut-être le prix. Elle vaut officiellement 110 € (elle n’est pas disponible sur Amazon au moment d’écrire, juste en import US), soit le même prix que beaucoup de manettes de type berceau. Même si c’est un prix dans la moyenne, c’est toujours un peu surévalué : on trouve des manettes de PlayStation ou de Xbox pour la moitié du prix avec une finition meilleure et plus de fonctions. On peut juste espérer un prix nettement sous sous 100 € assez rapidement, comme pour la Kishi v3 ou la majorité des manettes. Elles sont souvent vers 90 € (ou moins) dans les périodes de promotions. Ça reste cher, mais c’est un peu plus accessible. Au passage, pour être clair ici, Razer m’a envoyé la manette, je ne l’ai pas achetée.