Le Steam Controller 2026, c’est une drôle de manette. Elle devait être lancée en même temps que la Steam Machine, mais elle est arrivée avant… si vous avez eu de la chance. La manette est en effet en rupture constante, et il y a plusieurs mois d’attente (j’ai fait une réservation en mai, je l’ai reçue fin octobre). Par ailleurs, c’est une manette assez clivante, avec notamment le fait qu’elle est réservée en théorie aux jeux Steam. Mais Apple a ajouté la prise en charge dans macOS avec macOS 27 Golden Gate. Je ne vais pas faire un test complet de la manette, mais m’intéresser à son fonctionnement sur un Mac.
Parlons physique, pour commencer. C’est une manette assez imposante, mais pas trop lourde (294 grammes) qui reprend globalement le fonctionnement du Steam Deck. On a donc une vraie manette, d’abord : deux sticks analogiques qui doivent éviter le drift (grâce au TMR, Tunneling Magnetoresistance), alignés façon PlayStation, une croix directionnelle, des boutons A, B, X et Y (façon Xbox, les jeux affichent donc le bon nom), quelques boutons classiques pour le partage, des gâchettes numériques, des gâchettes analogiques et quatre boutons à l’arrière, sous les doigts. Les boutons sont corrects, la croix aussi, mais les gâchettes analogiques sont un peu cheap et sont peu précises, le mouvement est trop fluide.
Sur cette partie, c’est vraiment meilleur que l’affreux Steam Controller de 2015, qui n’avait qu’un stick analogique et pas de croix.
Gyroscope et pavé tactile
En plus de tout ça, Valve a ajouté quelques trucs. Premièrement, c’est le plus visible, deux pavés tactiles, comme sur le Steam Controller original. Ce sont des trackpads avec un retour haptique et c’est toujours aussi inintéressant à mon avis. Le retour haptique ne sert pas tellement et je pars du principe qu’on sait se servir d’un trackpad. Mais pour déplacer une souris sur le bureau ou dans les jeux, c’est plutôt une bonne idée qui marche assez bien. Il y a aussi un gyroscope, comme dans pas mal de manettes modernes, avec un truc bien pensé : un capteur capacitif qui détecte si on tient la manette et permet de ne l’utiliser que dans ce cas. Enfin, il y a des vibrations et des retours haptiques sur pas mal de choses.
Trois connexions possibles
La manette se branche soit en USB-C, si vous avez un câble assez long, soit avec son puck. C’est un dongle qui reprend un peu l’idée du modèle de 2015, mais avec une option pratique : des contacts qui permettent de charger la manette. Contrairement à la manette de 2015, on a une batterie interne qui promet 35 heures de jeu. Le puck peut accepter quatre manettes et la liaison propriétaire est normalement plus stable. Il est aussi possible de passer en Bluetooth LE, en cas de besoin. Astuce, d’ailleurs : il faut presser R1 et B en même temps, puis presser le bouton Steam pour passer en Bluetooth. Sinon, on est en 2026 et Valve propose encore un câble USB-C vers USB-A, de 1,5 mètre.
Le puck est aimanté, donc il se place assez facilement sur la manette, même s’il faut un peu plus de force pour le déconnecter. Attention, les broches sont exposées et il vaut donc mieux éviter les bracelets d’Apple Watch en métal ou de laisser traîner des objets, ça peut faire des dégâts.
Réservée à Steam… sauf sur Mac
Par défaut, la manette ne fonctionne pas sans Steam. C’était déjà le cas de la version précédente, d’ailleurs. Si vous avez un jeu qui ne vient pas de Steam, ça ne fonctionne normalement pas, et si vous connectez la manette sans Steam, vous aurez juste ce que Valve appelle le Lizard Mode, une émulation de souris avec les pavés tactiles. Sauf sur Mac depuis macOS 27 Golden Gate, donc (même si Valve ne l’indique pas). Sur un PC, il y a des astudes et des logiciels dédiés, évidemment.
Premièrement, il faut connecter la manette en USB-C ou avec le puck, et pas en Bluetooth. En Bluetooth LE, le pilote Apple ne prend pas la main et vous aurez donc le fonctionnement de base, une simple émulation de souris. Deuxièmement, il ne faut pas que Steam soit lancé. Si vous voulez jouer à des jeux Steam, le fonctionnement standard de la manette suffit.
Un mode manette en MFi
Le pilote d’Apple, qui prend la main, permet d’utiliser la manette avec tous les jeux qui utilisent les API d’Apple, donc ça exclut quelques vieux titres qui reposent sur le HID en USB. Mais dans la majorité des cas, émulateurs compris, ça devrait fonctionner. Vous aurez accès à toutes les fonctions d’une manette : les boutons, les sticks analogiques, etc. macOS reconnaît les boutons à l’arrière, on peut adapter l’agencement à ses besoins, etc. Globalement, sous macOS, on a la même chose qu’une manette de Xbox ou de PlayStation.
Le pilote d’Apple prend aussi en charge les vibrations, mais le résultat n’est pas parfait pour moi. C’est un peu plus brut qu’avec une Dual Sense, qui est vraiment une excellente manette sur ce point (mais un peu moins brut que sur une manette de Xbox Series). Dans mes outils de test et quelques jeux, ça passe assez bien en tout cas.
Reste deux points. Premièrement, le pilote d’Apple ne prend pas du tout en charge les deux pavés tactiles. Ils sont désactivés, sans retour haptique. Et deuxièmement, le pilote n’expose pas le gyroscope. De ce que j’ai vu dans le pilote, c’est un peu particulier : il récupère bien les informations, mais sans activer la fonction. C’est peut-être prévu pour plus tard, mais en l’état ça ne fonctionne pas. Je ne pense pas que ce soit réellement un problème, ceci étant dit : les jeux sur Mac n’utilisent a priori pas les informations des gyroscopes, même si quelques manettes (Dual Sense, Switch Pro) renvoient les informations.
Une manette clivante
Je n’ai pas utilisé assez la manette avec Steam pour avoir un avis totalement assumé, mais ça reste une manette clivante. J’ai un peu de mal avec les retours haptiques sur un trackpad, et une manette qui ne fonctionne qu’avec Steam, c’est quand même un défaut important. Enfin, plus exactement, c’est un défaut sous macOS et Windows : si vous avez un Steam Deck, une Steam Machine ou une machine sous SteamOS, ça passe évidemment. Au-delà de ça, c’est quand même bien plus réussi que le Steam Controller de 2015, mais ce n’était pas très compliqué. Le principal problème, en fait, c’est le prix. La manette vaut 100 € et c’est vraiment beaucoup trop. On paye les pavés tactiles et les fonctions, mais la finition est légèrement moins bonne que sur les autres manettes (notamment sur les gâchettes) et on n’a pas de sortie audio. Et face aux manettes haut de gamme de Sony ou Microsoft, on perd toutes les fonctions qui permettent d’adapter la croix, les sticks, etc. Pour la majorité des jeux, une manette de Xbox Series fait le même travail (les pavés tactiles en moins) et elle se trouve facilement sous les 50 € en promotion.

C’est vraiment mieux que la manette de 2015. Mais la version 2026 vaut 100 € alors que j’ai payé celle de 2015… 5 €
Mais pour ceux qui utilisent essentiellement Steam et ont du temps à perdre pour configurer la manette (les fonctions sont très nombreuses), c’est plutôt réussi, même si c’est cher.













