Pratiquement treize ans après sa sortie, le Mac Pro 2013 est toujours un ordinateur un peu particulier. La poubelle de table est en effet assez atypique et désirable dans une collection de produits Apple. Mais c’est aussi un appareil qui était (très) cher, limité sur certains points et qui reste assez onéreux en 2026, même d’occasion. Comme j’en ai acheté un que j’ai (un peu) modifié, voici quelques conseils.
On commence par un truc : la raison de son achat. Si c’est pour son design et pour ne jamais l’utiliser, vous pouvez évidemment vous tourner vers le moins cher. Dans les faits, on trouve un Mac Pro 2013 de base vers 200 € sans trop de soucis, probablement avec un processeur à quatre coeurs, 16 Go de RAM, une double carte graphique D300 et un SSD de 256 Go. Et ça peut sembler étonnant… mais même si vous comptez l’utiliser, c’est probablement aussi le modèle le plus intéressant. Compte tenu des limites de la machine, je ne mettrais pas plus de 300 € d’ailleurs, éventuellement pour un modèle avec une carte D500 et un peu plus de RAM ou un SSD de 512 Go.
Avant de parler du matériel, parlons du logiciel. C’est un Mac Intel qui n’est pas très rapide dans les faits, et qui est bloqué au mieux à macOS 12 Monterey. On peut tenter d’installer une version plus récente avec Open Core Legacy Patcher, mais ça reste un modèle largement dépassé. Si vous avez vraiment envie d’un Mac Intel pour l’utiliser, un Mac mini 2018 est un bien meilleur investissement : plus rapide, plus moderne (on peut ajouter un SSD et un eGPU en Thunderbolt 3) et capable d’accepter macOS 15 sans bidouiller. Mais dans les faits, un Mac mini M1 avec 16 Go de RAM sera encore bien meilleur, sauf si vous avez réellement besoin de plus de RAM ou d’une puce Intel (pour virtualiser par exemple).
Maintenant, il y a mon cas, entre les deux. Je l’ai acheté pour son design, mais aussi pour l’utiliser dans certains cas. J’ai donc décidé de le mettre à jour de façon partielle, sur le processeur. Sur le coup, j’avais trouvé deux Mac Pro, un huit coeurs avec des D500, 32 Go de RAM et un SSD de 512 Go, et un quatre coeurs avec des D300, 16 Go de RAM et 256 Go de SSD. J’ai mis à jour les deux, gardé le plus rapide et vendu l’autre. J’ai changé le processeur pour des douze coeurs, qui se trouvent très facilement pour environ 15 €, mais on peut aussi changer assez facilement la RAM et le SSD. C’est juste un arbitrage à faire, surtout actuellement : un SSD de 1 To s’approche du prix d’un Mac Pro 2013 d’occasion, et passer à 32 Go ou 64 Go de RAM va coûter quelques dizaines d’euros.
Le passage à douze coeurs est la mise à jour la plus sympathique, ne serait-ce que parce qu’on se retrouve avec le Mac Pro « le plus rapide ». Passer à 32 ou 64 Go de RAM et installer un SSD de 1 To est aussi intéressant, en fonction de votre usage, mais ce sont deux points à relativiser : même si c’est simple à faire, la mémoire et les SSD sont chers, et il est parfois plus intéressant de trouver un Mac Pro déjà équipé et le payer un peu plus cher que de changer la RAM et le SSD. Enfin, il y a les cartes graphiques. Je vous déconseille les cartes D700, même si ça peut sembler sympa d’avoir la carte la plus rapide : ce n’est pas fiable et les risques de pannes sont élevés. Un modèle avec des D300 ou des D500 reste performant, sans risque la surchauffe, au-delà du fait que les D700 sont rares et donc onéreuses.
Vous trouverez pas mal d’informations sur la mise à jour sur ce site.
Le cas du CPU
Le Mac Pro 2013 et le processeur, c’est un peu compliqué. La version de base (avant 2017) avait un processeur avec quatre coeurs, et ensuite Apple a choisi un six coeurs. C’est un Ivy Bridge E (la version professionnelle) qiui est largement dépassée en 2026. Ce qui est intéressant, c’est qu’Apple proposait du huit, dix et même douze coeurs en option, le tout pour un prix élevé. Au lancement, l’option douze coeurs valait 3 500 €, de ce que j’ai retrouvé. Du coup, si vous cherchez un Mac Pro 2013 avec douze coeurs, même en 2026, il va être cher. Très cher. Mais il y a une astuce très simple : acheter le processeur sur Aliexpress.
On trouve des Xeon 12 coeurs vers 15 €, dans une référence (Xeon E5 2696v2) à peine moins rapide que le modèle qu’Apple utilisait. Il fonctionne à 2,5 GHz de base et à 3,5 GHz en pointe, avec un TDP de 120 W. Le Xeon E5 2697v2 qu’Apple intégrait était un peu plus rapide (2,7 GHz) avec la même fréquence maximale et un TDP légèrement plus élevé (130 W). Le 2696v2 est un peu moins cher dans les faits, et la différence est très faible.
Je n’ai pas enregistré ou photographié le changement de CPU de mon Mac Pro, mais le guide iFixit est assez complet. J’ai un peu de pratique pour ce genre de démontage, mais en gros ça m’a pris une heure pour le changement… et j’ai économisé quelques centaines d’euros. Parce qu’on trouve facilement un Mac Pro 2013 avec un processeur quatre ou six coeurs vers 200 €, mais il faut compter vraiment plus (parfois plus de 500 €) pour un douze coeurs. Sinon, pas mal d’infos là aussi.
Il y a juste un point à prendre en compte : l’usage. Le douze coeurs est évidemment rapide pour les tâches qui utilisent bien tous les coeurs, mais ce n’est pas nécessairement le modèle le plus intéressant. Il est limité à 3,5 GHz sur un seul coeur, quand certains modèles six coeurs et huit coeurs montent à 4 GHz. Même chose sur plusieurs coeurs : en fonction des cas, un huit ou six coeurs avec une fréquence de base plus élevée (3,4 GHz en huit coeurs, 3,7 GHz en six coeurs) peut être plus rapide sur certaines tâches.
Par ailleurs, pour relativiser un point, ça reste un processeur de la génération de 2012 (Core de 3e génération) qui est assez lent. Encore une fois, un simple Mac mini de 2018, même avec un Core i5 six coeurs, est largement plus rapide qu’un Mac pro 2013 avec douze coeurs en usage standard (qui utilise peu de coeurs) et s’en approche sur plusieurs. Et un modèle avec un Core i7 devrait être nettement devant.
Le choix du GPU
Apple a choisi une voie bizarre pour le Mac Pro. Premièrement, il a dans tous les cas deux cartes graphiques, dont une qui ne va pas servir. Les tâches graphiques et tout ce qui est lié à l’affichage sont excéutés sur un GPU et le second se tourne les pouces, sauf si le développeur de l’application a décidé d’utiliser explicitement le second, ce qui est rare. Dans les jeux ou les logiciels graphiques, on est généralement limité à un seul GPU… sauf sous Windows, où on peut utiliser le CrossFire d’AMD. Deuxièmement, ce sont des cartes graphiques propriétaires, irremplaçables.
La carte D300 est basée sur une Radeon HD 7870 sous-cadencée (850 MHz au lieu de 1 GHz) avec 1 280 unités de calcul et 2 Go de RAM. La D500 est une Radeon HD 7950 sous-cadencée (725 MHz au lieu de 800 MHz) et avec moins d’unités actives (1 536 au lieu de 1 792) mais toujours 3 Go de RAM sur un bus 384 bits. La D700 est une Radeon HD 7970 sous-cadencée (850 MHz au lieu de 925 MHz ou 1 GHz) avec 6 Go de RAM sur un bus 384 bits et les 2 048 unités. Dans les trois cas, on est sous les cartes classiques, avec 85 % des performances (D300), 77 % (D500) et 85 % (D700).
Pour le choix, c’est assez simple : D300 ou D500, et pas D700. Le problème c’est que le Mac Pro 2013 n’est pas assez bien refroidi pour les cartes D700 (il y en a deux) et que les pannes sont très courantes sur cette version. Et comme c’est une carte qui était proposée sur le haut de gamme ou en option, les vendeurs exagèrent sur les prix de cette variante. Si vous privilégiez la fiabilité aux performances, le mieux est de se tourner vers un modèle avec une D300, qui sera en plus moins onéreux. La D500 reste valable si vous ne comptez pas jouer ou forcer sur la partie graphique.
La RAM
La RAM, c’est un peu compliqué. Le Mac Pro utilise de la DDR3-1866 ECC (avec correction d’erreurs) sur quatre canaux, et vous aurez probablement dans tous les cas ou presque 16 Go. L’entrée de gamme était vendu avec seulement 12 Go, mais ça reste assez rare. Le mieux, si vous comptez l’utiliser, c’est probablement 32 Go : c’est largement suffisant pour pas mal d’usages, ça se trouve parfois en standard et ce n’est pas trop cher d’occasion.
Il est possible de passer à 64 Go, avec quatre barrettes de 16 Go, mais ça devient assez cher : comptez en général vers 20 € la barrette (donc un bon 80 €). Le Mac Pro supporte techniquement 128 Go de RAM, mais avec une grosse limite : la fréquence passe de 1 866 MHz à 1 066 MHz en équivalent SDRAM. C’est quand même une grosse diminution, qui peut avoir un impact visible sur les performances, même en ayant plus de RAM. Enfin, on peut techniquement mettre de la DDR3 classique (sans correction d’erreurs), mais ce n’est pas nécessairement une bonne idée, j’en reparlerais. Et ce n’est même pas très intéressant d’un point de vue financier.
Le SSD
Le Mac Pro 2013 utilise des SSD PCI-Express Apple, en AHCI (et pas en NVMe). En occasion, vous aurez probablement 256 Go (la base de l’époque), parfois 512 Go ou 1 To. Ce sont des SSD rapides pour l’époque… mais lents pour les standards actuels, avec environ 1,6 Go/s au mieux, quatre lignes PCI-Express 2.0.
La bonne nouvelle, c’est que ça se remplace facilement. On trouve des adaptateurs pour installer n’importe quel SSD PCI-Express M.2 NVMe pour 10 à 15 €. Si vous avez un vieux modèle M.2 dans un tiroir, ça va fonctionner. La contrainte principale, attention, c’est d’utiliser macOS High Sierra au minimum : avant ce système d’exploitation, les SSD NVMe ne sont pas compatibles (sauf cas particuliers). Et il faut déjà avoir installé macOS High Sierra (10.13) avant le changement, parce qu’une mise à jour de firmware est nécessaire pour démarrer sur un SSD NVMe.
Mais donc même si vous avez besoin de plus de 256 Go (la capacité de base), il est possible de passer facilement à 1 To ou plus. Je vous dirais bien que c’est intéressant financièrement, mais ce n’est pas le cas actuellement : le moindre SSD de 1 To vaut facilement 150 à 180 €. Attention, vous serez tout de même bloqués en PCI-Express 2.0, donc vers 1,6 Go/s.
USB, Thunderbolt et GPU
Les autres trucs à prendre en compte avec le Mac Pro 2013 sont simples. Premièrement, j’en ai parlé plus haut, il faut bien choisir la (double) carte graphique et ne pas oublier qu’elle n’est pas remplaçable. Il n’y a que trois choix (D300, D500, D700) et rien n’existe en interne. On peut acheter des cartes seules d’occasion, mais ça reste assez cher, parfois plus qu’un Mac Pro complet.
Deuxièmement, tant l’USB que le Thunderbolt sont lents. C’est du Thunderbolt 2 classique, donc avec un débit de 20 Gb/s (partagé) et seulement 16 Gb/s pour les données. Même avec un adaptateur Thunderbolt 2 vers Thunderbolt 3 qui permet de connecter les accessoires non-alimentés par le bus, vous serez donc limités à 1,6 Go/s environ. Pour l’USB 3.0, le Mac Pro n’a pas de contrôleur Intel en natif, et c’est un contrôleur Fresco FL1100 qui est intégré. C’est le même que dans le Mac mini M1 et dans quelques stations Thunderbolt, et il est plus lent que les contrôleurs Intel ou Asmedia. Dans les faits, on atteint environ 350 Mo/s en USB 3.0, alors qu’un bon contrôleur atteint 440 Mo/s dans le même cas.
Techniquement, on peut mettre un eGPU en Thunderbolt, mais c’est peu intéressant : il faut passer par des scripts qui activent l’eGPU (le support natif de macOS High Sierra ne passe pas), choisir la bonne carte graphique en fonction du système d’exploitation, et le bus Thunderbolt 2 limite tout de même pas mal le tout… sans compter le prix d’un boîtier Thunderbolt 2 ou Thunderbolt 3.
Un peu dépassé mais sympa
Pour terminer, le Mac Pro 2013 est dépassé et c’est logique : il a treize ans. Mais ça reste un Mac Intel sympathique, très atypique et avec quelques possibilités de mise à jour, donc. C’est un peu dommage qu’Apple n’a jamais proposé de nouvelles solution graphiques, d’ailleurs. Il est aussi plutôt discret si vous ne forcez pas sur la partie graphique, même si ça consomme pas mal par contre. Si vous aimez bidouiller, je vous dirais quand même d’aller vers un modèle 2010 : c’est plus gros, mais paradoxalement moins limité. Sur la tour, on peut mettre deux CPU six coeurs, plus de RAM, des SSD au moins aussi rapides facilement, changer de carte graphique, ajouter de l’USB et même du Thunderbolt. Mais c’est moins sympa visuellement.























Bonjour et merci pour cet article, je possède un Mac Pro D300 avec un processeur 3,7ghz 4 cœurs 32G de ram et un SSD 1to, mon utilisation sur cette machine que j’ai passé sur Séquoia grâce a openLegacy est utilisé pour occasionnellement Capture One et Photoshop le reste étant de l’internet et très peu de texte.
Il est un poil lent au démarrage mais ça c’est une fois par jour, c’est donc gérable, évidement beaucoup moins rapide que le MacStudio M4 sur le même bureau, mais c’est logique, pensez vous que pour mon utilisation le changement de processeur pour un 12 cœurs apporte un plus ou cela ne va ps changer grand chose, et est-ce que pour continuer a utiliser Séquoia avec un nouveau CPU OpenLegacy sera toujours nécessaire.
Merci et bonne journée
Photoshop peut utiliser les coeurs pour certains filtres. Capture One je ne sais pas ‘uil utilise le GPU ou le CPU, j’avoue. Je dirais probablement un gain sur les photos, mais pas sur Internet/le reste
Sinon, OpenLegacy sera toujours obligatoire, oui, rien ne change sur ça
Merci j’ai jeté un œil sur iFixit c’est impressionnant mais pas insurmontable mon plus gros soucis étant la soudure qui ici n’est pas utile.
https://fr.aliexpress.com/item/1005010193177801.html Si il est possible de confirmer qu’il s’agit du bon produit.Merci;
Et Capture One laisse le choix pour le réglage « Traitement d’image, accelération matériel « :
-Auto(toutes les unités d’usinage)
-CPU (mode sans échec)
-CPU+GPU
CPU+neural engine
Sur un Mac Pro, c’est probablement CPU+GPU, donc ça doit aller plus vite.
Le changement, si on est patient, c’est assez simple, pas de soudure ni rien. Faut juste les bons tournevis torx et de la pâte thermique pour le CPU
Pour le processeur, oui, c’est ça.