Si vous me lisez, vous avez que j’aime bien les appareils photo un peu atypique. Et après un appareil photo pour les Sony Clié, j’ai un modèle pour les Palm. Le PalmPix de chez Kodak est destiné aux Palm III, mais j’ai un adaptateur pour Palm V.
Kodak, au début des années 2000, a sorti trois variantes : une pour les Palm III, une pour les Palm m100, qui avaient une connecteur différent, et une pour les Palm m500. Les deux premières ont un capteur de 300 000 pixels (640 x 480), le dernier peut monter en 800 x 600. Ce sont des accessoires basiques dans tous les cas : ils communiquent avec le PDA en série et n’intègrent pas d’écran, de boutons, etc. Tant qu’il y a deux piles dedans et un Palm en face, ça marche.
J’ai donc un PalmPix (deux, en fait) pour Palm III, avec un adaptateur pour les Palm V, plus fins. L’adaptateur en question est purement mécanique : il s’insère dans le PalmPix et réplique le connecteur maison, qui transmet notamment un signal série. Visuellement, l’accessoire est plus sympa avec mon WorkPad C3 noir – un clone de Palm Vx issu de chez IBM – qu’avec le Palm Vx, qui est gris. Il a besoin de deux piles AAA et j’ai deux PalmPix essentiellement parce que le premier avait stocké avec des piles, et elles avaient coulé.
Kodak avait quelques accessoires, comme des housses.
La parte logicielle
Pour utiliser le PalmPix, il suffit d’avoir deux fichiers à installer sur le Palm, palmpix.prc et palmpixLib.prc. Si vous n’avez pas le CD d’origine, il y a une copie là. Il y a aussi un conduit (le logiciel qui intervient pendant la synchronisation) qui va sauver les images en fichiers JPEG ou BMP, au choix.
Côté Palm, on a donc une app PalmPix, qui affiche simplement la liste des images. On peut voir une image, sur l’écran en 160 x 160 en niveau de gros. Il y a un bouton pour un minuteur et trois réglages de qualité. J’ai utilisé le PalmPix original, donc j’ai juste accès au 320 x 240 et au 640 x 480, le dernier (800 x 600) ne fonctionne qu’avec la version pour Palm m500. Pour accéder à l’appareil photo, il faut presser le bouton Agenda, et une seconde pression prend la photo. Un petit compteur indique le nombre de clichés qu’il est possible de faire. Les données sont enregistrées dans le Palm lui-même, donc c’est assez faible : mon Palm Vx a 8 Mo de RAM, mais il faut stocker l’OS en partie. Les photos en 640 x 480 prennent à peu près 100 ko. Comme toujours avec les Palm, c’est de la mémoire volatile, donc il faut penser à transférer les images avant que la batterie ne se vide, sous peine de perdre les données. Avec un Palm qui a un lecteur de cartes, on peut transférer les images sur une carte SD, mais après avoir pris la photo.
Par défaut, vous ne verrez pas si l’appareil est connecté, il faut presser le bouton et attendre de voir la prévisualisation. Avec un des deux PalmPix qui fonctionnait mal, ça ouvrait l’agenda… donc il n’était pas reconnu. Comme l’appareil communique en série, c’est lent. On a une image en niveaux de gris rafraîchie lentement (vers une ou deux images/s) et c’est globalement illisible, sauf si vous avez un sujet très contrasté. L’enregistrement prend environ cinq secondes pour une image en 320 x 240 et environ dix secondes en 640 x 480, c’est… long. L’écran des Palm, assez moyen et brillant, n’aide pas à la lisibilité, d’ailleurs, mais ça doit être mieux avec les modèles dotés d’un écran couleur.
On a un pseudo zoom avec le bouton central du Palm, quand on le presse vers le haut. Ce n’est pas un zoom optique ou numérique, juste un recadrage : on a une image en 320 x 240 qui prend le milieu du capteur au lieu d’une image en 640 x 480, un peu à la manière des iPhone récents.
Des photos moches
Sur les images, c’est assez mauvais. C’est un capteur CMOS qui a plus de 25 ans, sans autofocus et avec une sensibilité faible. Avec de la lumière, c’est à peu près utilisable, mais en intérieur c’est horrible. Mais même en pleine lumière, c’est assez flou en 640 x 480, avec une balance des blancs moyennes et des couleurs qui bavent.
Un des deux a tout de même des problèmes, avec des couleurs un peu trop saturées et parfois des artefacts.
Après, comme souvent, le regard n’est pas le même en 2026 qu’en 2000. Le PalmPix était vendu une centaine de dollars (180 $ au lancement, je crois) et c’était assez valable pour l’époque pour aller avec un Palm, les appareils photo étaient onéreux et quand même assez mauvais dans le monde grand public. Et ça préfigurait un peu les appareils photo de nos téléphones puis smartphones.



































