SCSI2SD, remplacer un disque dur par une carte microSD

Le SCSI, je n’aime pas ça. Cette interface offre de bonnes performances (en tout cas dans les vieilles machines) mais la compatibilité reste toujours assez aléatoire et la configuration parfois compliquée. Après m’être énervé sur un énième problème d’adaptateur, d’ID et de terminaison, j’ai décidé d’investir dans une solution moderne.

Pour remplacer les onéreux et bruyants disques durs SCSI, il existe quelques solutions mais attention : ça va être cher. Alors que remplacer un disque dur PATA par un SSD mSATA ne nécessite quelques dizaines d’euros pour des performances élevées, en SCSI on se retrouve assez vite à 100 € et parfois beaucoup plus.

Jusqu’à maintenant, j’utilisais des disques durs 2,5 pouces rapides avec un adaptateur. Efficace, pas très cher, mais toujours un peu bruyant et compliqué pour la compatibilité. Les outils d’Apple n’acceptent pas les disques tiers sans patchs. S’il existe des SSD SCSI, le prix est souvent bien trop élevé pour du rétro (comptez plusieurs centaines d’euros). Dans les solutions correctes, il y a les adaptateurs d’Artmix : ils convertissent du SCSI 50 pins en Compact Flash ou vers une prise SATA. Le premier manque un peu d’intérêt en 2017 : les Compact Flash sont onéreuses et pas forcément rapides. Le deuxième permet de réutiliser facilement un SSD ou même un disque dur 2,5 pouces. Et en utilisant un modèle Apple, pas de soucis avec Apple HD SC Setup, normalement. Mais les adaptateurs sont chers : 110 € (hors frais de port et douane éventuelle, ça vient du Japon). La dernière solution, testé ici, c’est la carte SCSI2SD.

C’est une carte open source (pour la v5) qui permet d’utiliser une carte microSD comme disque dur SCSI. Dans les points intéressants, on gagne du silence, un bon temps d’accès, de la place (c’est assez compact) mais pas des performances. Sur la version v5, le débit atteint dans le meilleur des cas 2,5 Mo/s. Et c’est avec le vent dans le dos : dans pas mal de cas, on dépasse difficilement 1,5 Mo/s. C’est franchement lent et visible sur des Mac en PowerPC, surtout quand on a l’habitude d’un disque dur rapide. La carte v6, qui offre une compatibilité plus faible (et est plus onéreuse), on peut atteindre environ 10 Mo/s dixit son créateur, ce qui reste assez faible.

Prise SCSI (50 broches) et Molex


microUSB, microSD, résistances

La carte v5 vaut environ 75 € (sans carte microSD) et la v6 se trouve vers 100 €. Il existe aussi une v5 pour les PowerBook, mais sa compatibilité reste assez limitée. Pour la carte, vous pouvez installer n’importe quelle carte microSD avec une capacité au maximum de 64 Go (mais les 128 Go doivent passer, ceci dit). La vitesse de la carte importe peu au vu des débits : n’importe quelle microSD récente dépasse sans soucis les débits en question.

La carte se configure entièrement depuis un ordinateur : il faut installer un logiciel qui va permettre de configurer les réglages SCSI. Elle se branche en microUSB et le soft existe pour Mac.

Réglages de disques


Réglages de disque

Petite astuce pour ceux qui veulent mettre la carte dans un Mac, il est possible de donner un nom à la carte qui lui permet d’être reconnue comme un disque dur Apple.
Comme vendor, il faut inscrire “ SEAGATE” (sans les guillemets et avec une espace devant le nom).
Comme product ID, il faut mettre “ ST225N” (sans les guillemets et avec dix espaces devant le nom).
Comme Revision, il faut mettre “1.0 ” (sans les guillemets et avec une espace après).

La carte SCSI2SD peut émuler plusieurs disques durs et même des CD-ROM ou des lecteurs magnéto-optiques, mais je n’ai pas testé pour le moment. On peut évidemment définir l’ID mais aussi la taille du disque dur (ça évite les soucis si on utilise une carte SD de grande capacité).

Une fois la carte configurée, on peut la brancher dans un appareil en SCSI. En théorie, elle peut s’alimenter via le bus (sans prise Molex) mais je n’ai pas réussi dans mes tests. A l’usage, il faut donc démarrer d’une disquette ou d’un CD, initialiser la carte avec Apple HD SC Setup et ça devrait fonctionner. Si vous avez mis le nom Seagate, attention : l’outil va créer une partition de 20 Mo, qu’il faut effacer avant de choisir sa taille définitive.

Dans la pratique, ça fonctionne bien tant que vous ne cherchez pas les performances. Dans mes tests, c’est moins rapide (en débit pur) qu’un disque dur de Power Mac 6100. Ca se voit sur les installations, les copies, etc. A l’usage, ça reste agréable grâce au temps d’accès faible (heureusement) et le silence est quand même un énorme avantage par rapport aux disques durs SCSI classiques. Mais si vous cherchez à rendre une machine rétro vraiment plus rapide, les solutions d’Artmix (ou un disque dur rapide, tout simplement) marchent mieux. Le SCSI2SD reste par contre une solution pratique (il suffit de changer de microSD et la carte se configure facilement) et elle peut servir dans tous les appareils qui utilisent du SCSI. Lors de mes recherches, j’ai vu pas mal de gens utiliser ce type de carte dans des samplers (notamment).