Pioneer MPC, quand Pioneer vendait des Mac sous sa marque au Japon

Au milieu des années nonante, Pioneer a proposé des Mac au Japon. La gamme MPC, composée de trois modèles, était fabriquée sous licence Apple, un peu avant l’arrivée des clones officiels. Comme j’ai récupéré un MPC-GX1, j’en prodite pour vous parler de cette gamme extrêmement peu connue en occident.

Les MPC de chez Pioneer restent un peu particuliers. Ils ressemblent à des clones, sans l’être vraiment. Techniquement, ils diffèrent en fait assez peu des Mac d’Apple, et pour une bonne raison : ce sont des Mac. Le MPC-GX1 que je possède, par exemple, est un Power Mac 6100 dans un boîtier différent. La carte mère vient de chez Apple, comme la ROM (identique à celle d’Apple, je l’ai dumpée pour vérifier). De plus, ils datent généralement d’avant l’arrivée officielle des clones.

La gamme

Les informations restent rares en dehors de quelques sites japonais. Premièrement, le MPC-GX1. Il s’agit d’un Power Mac 6100 dans un boîtier custom, doté notamment d’un système audio de qualité. Il existe une version à 66 MHz, une version (limited) à 80 MHz (ce qu’Apple n’a pas proposé) et même une version DOS. L’équipement reste proche d’un Power Mac 6100, mais avec par exemple un lecteur de CD-ROM Pioneer et pas Apple. Les MPC-LX200 utilise l’architecture Alchemy (celle des Performa 5400), avec un PowerPC 603e vers 100 MHz, dans le même boîtier que le GX1. Il existe des variantes TV (avec carte TV, donc) et MO, avec un lecteur de disques à ce format. C’est assez logique : les MO ont été essentiellement utilisés au Japon. Le MPC-LX100, plus ancien, utilise aussi le même boîtier, mais contient une carte mère de LC 630. Il s’agit d’un clone à base de 6040 et il existe aussi dans une variante TV. Un MPC-GX2 a été annoncé en 1997 mais a été abandonné quand Steve Jobs a sonné la fin des clones. Il existe un (vieux) site dédié à ces machines, si vous lisez le japonais.

Le MPC-GX1


Pioneer embossait sa marque sur le boîtier

Question son, les MPC intègrent un caisson de basse (10 W) et deux haut-parleurs de 5 W avec un résultat étonnamment bon pour un ordinateur de bureau de 1995. Une partie de la carcasse (lourde) sert pour les haut-parleurs. Pour les accessoires, il en existe visiblement deux variantes. Pour le clavier, le MPC-KB1 est un Apple Keyboard II remarqué par Pioneer, le MPC-KB2 ressemble plus à un modèle custom. Même chose pour les souris : la MPC-MU1 est une souris ADB custom, la QZW1052 est une Apple Mouse II ADB avec la marque Pioneer. Vous trouverez pas mal de photos sur cette page FlickR.

Claviers et souris


Les deux claviers


Les deux souris

Mon GX1

J’ai trouvé un MPC-GX1 classique au Japon. Ma machine m’a été livrée sans la souris et le clavier. Niveau cosmétique, elle est en bon état mais il manque juste les deux boutons en façade qui permettent de régler le volume. En interne, il possède le lecteur de CD-ROM d’origine (Pioneer DRU-124X), un lecteur de disquettes et un disque dur de 2 Go (a priori pas d’origine). La barrette de mémoire cache de 256 ko n’était pas présente (j’en avais une en réserve) mais la machine était équipée de 128 Mo de RAM, soit 136 Mo au total avec les 8 Mo intégrés.

Le MPC-GX1


La carte mère avec la RAM, la mémoire cache te le PowerPC 601 à 66 MHz

Le Mac démarre sans soucis, mais il était évidemment sous Mac OS 8.6 en version japonaise. J’ai été un peu surpris du contenu : il servait visiblement à un gynécologue. Après une réinstallation de Mac OS 8.5, la machine fonctionne plutôt bien. Elle intégrait aussi une carte AV pour de l’acquisition vidéo. Comme avec n’importe quel Power Mac 6100, on se retrouve évidemment avec une connectique propriétaire : HDI-45 pour la vidéo, ADB, série en Mini DIN, AAUI pour l’Ethernet, etc.

La connectique


L’alimentation


PowerPC

Par rapport à un 6100 classique, on a quelques petites différences. Premièrement, l’allumage se fait à l’arrière, au niveau de l’alimentation. Elle possède une entrée et une sortie, mais la sortie (par exemple pour alimenter un écran) semble ne pas fonctionner en 220 V, en tout cas la mention est cachée. Deuxièmement, la connectique arrière varie un peu. En fait, un cache bloque l’accès à la sortie jack d’origine et le boîtier propose deux autres sorties. Petite explication. Le cache contient en fait le câble de liaison entre la carte mère du Mac et la partie audio de Pioneer. Les deux autres sorties (casques et enceintes) proviennent de la partie audio, et l’amplification n’est pas la même. En interne, on voit bien une alimentation assez imposante, un bloc d’alimentation pour les enceintes et évidemment une carte mère Apple.

Ensuite, le MPC-GX1 est franchement plus gros et surtout plus lourd qu’un Power Mac 6100. Le poids vient évidemment des enceintes et du caisson, et la taille aussi. Il est en effet plus épais car le caisson se trouve sous la carte mère, qui est en fait placée à mi-hauteur dans le boîtier. Il est aussi un peu plus large à cause de l’alimentation plus puissante et donc plus large.

Cette encoche renvoie le son vers l’ampli intégré


L’alimentation de la partie audio


La carte qui sert à rediriger l’audio


Les deux prises

Parlons du son. C’est nettement mieux que la majorité des ordinateurs de l’époque, avec de la puissance et un système crédible sur la qualité. Les deux enceintes séparent bien la stéréo et le caisson de basse intégré dans le boîtier fait son office. En façade, deux boutons rotatifs permettent de régler le volume et le volume du caisson de basse. En pratique, le seul Mac qui fait mieux est le Mac du 20e anniversaire. Après, ça reste de l’analogique pour pas mal de choses : la lecture d’un CD passe par le DAC du lecteur, qui envoie le son en analogique dans la carte mère, qui renvoie vers l’amplificateur intégré dans le boîtier. Ce n’est pas un HomePod, donc, mais ça reste vraiment mieux que la moyenne.

Les réglages de son (sans les boutons)


Une des enceintes


La seconde, avec les évents du caisson intégré

Je vous ai mis une vidéo avec le bong de démarrage et quelques secondes de musique, mais c’est un peu compliqué de montrer la qualité des enceintes sans tomber sous le coup de copyright (et en filmant avec un iPhone).