TVGuardian : le boîtier de censure pour vos petites têtes blondes

Il y a quelques mois, je suis tombé sur un produit assez rigolo : un boîtier de censure télévisuelle. Vendu aux Etats-Unis, il permet de filtrer les mots grossiers dans les vidéos, et son fonctionnement m’intriguait. J’ai donc acheté un vieux TVGuardian, et testé.
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La première question qui vient à l’esprit : pourquoi ?. Je pourrais répondre « Parce que ». Mais plus sérieusement, c’est vendu comme une solution de censure pour éviter que vos enfants n’entendent ou ne voient des mots grossiers. Du puritanisme typiquement américain, donc.

La seconde question, comment ? Mon modèle est analogique et le fonctionnement est plutôt ingénieux. En fait, le boîtier prend le signal vidéo et audio en entrée (en composite ou en RF, via la prise antenne), lit les sous-titres CC et censure en fonction de ce qu’il trouve dedans. Il permet plusieurs choses, la principale étant de couper le son en présence de gros mots, la secondaire étant la possibilité de modifier le signal CC pour changer le texte.

Mon modèle analogique, vieux (et vendu 100 $ dans les années 90) a juste une base de données interne. Les version modernes sont connectées à Internet pour mettre à jour la base de données. Je suppose qu’avec un Raspberry Pi, on pourrait détecter les mots.

La boîte (100 $)

La boîte (100 $)


L'avant

L’avant


L'arrière

L’arrière

Maintenant, comment tester ? Ce n’est pas si évident. Premièrement, il faut une source NTSC. Les sous-titres CC n’existent qu’avec ce standard utilisé aux Etats-Unis, le PAL et le SECAM européen utilisent plutôt le télétexte. Deuxièmement, il faut une source avec des sous-titres. Dans la pratique, les VHS, les LaserDisc et les DVD (parfois) contiennent des sous-titres. Visiblement, à l’époque de la télévision analogique, c’état assez courant à la TV (comme ici avec le sous-titrage télétexte). Enfin, il faut un appareil qui a une sortie analogique.

Techniquement, c’est inimaginable en Europe : le télétexte est rare sur les LaserDisc et inutilisable en VHS. Sur les DVD, les disques PAL ne proposent que les sous-titres numériques de la norme, qui sont en format bitmap (et donc illisible par un logiciel).

Je n’ai ni magnétoscope NTSC ni lecteur de DVD avec une sortie composite, mais j’ai un lecteur de LaserDisc NTSC (un DVL-919). Le branchement est simple : le LaserDisc envoie le son et l’image sur le boîtier de censure, qui renvoie lui-même vers le téléviseur (ou, ici, vers une carte d’acquisition analogique compatible NTSC). Ca induit un perte de qualité, forcément, mais ça reste correct.

Le truc permet trois modes de filtrage : aucun, modéré (en gros, il accepte les mots liés à la religion) et strict, qui filtre tous les mots. Au niveau des sous-titres, on a le choix entre aucun, des sous-titres modifiés en cas de censure (parce que l’appareil coupe le son) ou des sous-titres en permanence. En supprimant le filtrage et en activant les sous-titres, petit effet kiss cool et détourné, le TVGuardian fonctionne comme un excellent décodeur CC. Vous trouverez le mode d’emploi là. Il affiche aussi le nombre de mots filtrés et quelques infos quand on joue avec les réglages.

La version

La version


Le nombre de mots filtrés

Le nombre de mots filtrés

Mais ça donne quoi ? Je compte tester avec un film complet (Pulp Fiction), mais en attendant qu’il arrive, j’ai essayé avec AlienS. En effet, dans une des scènes que je préfère, Ripley arrive devant la reine Alien et crie « Get away from her, you bitch ». Avec le boîtier, le son saute et ça devient « Get away from her, you nag » (en français, « Ne la touche pas, sale pute »).

L’originale :

La corrigée :

Sans

Sans


Avec

Avec

Finalement, le concept est assez drôle et plutôt ingénieux.