J’ai récupéré une troisième carte accélératrice Apple QuickDraw 3D, et je me suis posé une question : ça donne quoi si on installe trois cartes ?
Un peu de contexte : Apple a proposé une carte accélératrice 3D dans les années nonante. Elle fonctionne à la manière des PowerVR, sans sortie vidéo directe, et elle offre surtout une compatibilité assez faible. Il y a Havoc, Gerbils (une démo), Virtual Chess et Virtual Wings, et Nanosaur avec des bugs visuels à cause de la mémoire limitée à 512 ko. Mais à côté de ça, la carte offre pas mal de fonctions (comme du filtrage bilinéaire) et même un truc qui est apparu sur les 3dfx puis chez Nvidia : la possibilité de mettre plusieurs cartes. J’avais testé en mettant deux cartes et dans Gerbils (le seul logiciel avec un compteur d’images/s), les gains étaient assez visible.
J’ai essayé quelques jeux en me disant que le fait d’avoir trois fois 512 ko pourrait peut-être permettre à certains de se lancer, mais ce n’est pas le cas. Pour tester, j’ai pris un Power Mac G4 (Digital Audio) qui a l’avantage d’avoir une carte graphique en AGP et quatre emplacements PCI. J’ai testé sans carte (en software), puis avec une, deux et trois cartes et enfin avec la GeForce 2 MX de la machine.
Avec trois cartes, j’ai environ 90 à 95 images/s avec toutes les textures et un peu plus de 100 images/s sans rien. Avec deux cartes, j’ai environ 75 à ~80 images/s avec les textures et un peu plus de 100 images/s sans rien. Il y a un gain, c’est à peu près visible, mais je pense qu’on arrive aux limites du CPU ou du bus PCI. Avec une seule, on est vers 70 images/s sans rien et entre 45 et 50 images/s avec des textures. Donc le gain avec deux cartes est assez correct.


En software, on est vers 100 images/s sans accélération (j’ai désactivé les extensions de la carte graphique). Et entre 30 et 35 images/s avec les textures, mais sans filtrage. Donc la carte amène un bon gain quand on commence à charger la scène.
Le côté amusant, c’est la GeForce 2 MX du Power Mac. Elle est sortie environ quatre ans plus tard et est évidemment beaucoup plus puissante. Dans les années nonante, il n’était pas rare de doubler les performances tous les six mois. Mais du coup, avec l’accélération, elle dépasse 600 images/s sans textures… et est vers 350 images/s avec. Et ce n’est qu’une carte milieu de gamme de l’époque.
Bon, les gains ne sont pas mirobolants avec trois cartes (et même très faibles) mais ils existent. Ce qui ne change rien au problème de base, par contre : les applications capables de tirer parti des cartes sont rares. Et Gerbils, c’est amusant à regarder trente secondes, mais pas plus. Mais peut-être que les professionnels qui faisaient de la 3D sur des Power Macintosh pouvaient trouver de l’intérêt aux cartes.










Ah… la GiForce 2 MX… un rapport perf-prix imbattable à l’époque !