Dans les années nonante, au moment du lancement de la console Pippin, Bandai avait une newsletter pour les développeurs. C’est assez intéressant à lire, avec de petits détails pratiques sur le développement. Je continue avec la septième.
Elle a été publiée en juillet 1996, après la sortie de la console. Elle est disponible sur archive.org. C’est parfois compliqué à afficher correctement, parce que l’encodage des caractères n’est pas celui utilisé en 2026. Avec Safari, il faut faire Présentation -> Encodage du texte -> Japonais (ISO 2022-JP). Même comme ça, il manque quelques caractères, donc je suppose que c’est un encodage plus ancien.
Un des premiers points annoncés, c’est que Katz Media a acheté une licence pour le marché européen. Si la console sortira bien dans nos contrées, c’est uniquement sur des marchés verticaux, pas dans le monde grand public. Et le nombre de logiciels est très faible, à ma connaissance.
Ensuite, il y a une petite présentation de Pease. La newsletter met en avant les quelques jeux mais aussi le fait que l’interface se rapproche de At Ease, l’interface simplifiée d’Apple. On apprend aussi que Bandai a fourni Pease avec les consoles (version OEM) à partir du 15 juin. TV Works a été mis à jour en version 2.0 à la même date, alors que l’Internet Kit 2.0, lui, est annoncé pour l’automne. Egword Pure, lui, est sorti le 7 juin. Toujours dans les dates, le clavier – et sa tablette graphique – est sorti le 15 juin.
Point intéressant, c’est donc vers juillet que Bandai a modifié la façon de vendre la console. Avant cette date, Bandai vendait par téléphone ou en permettant aux revendeurs de commander la console, sans avoir de stocks. Il n’y avait aussi au départ que la version fournie avec un modem et des disques (six disques), pour 64 800 ¥. La version avec un bundle réduit (la version orange) date donc de ce moment (15 juin). Elle valait 49 800 ¥. Le modem était vendu 12 800 ¥ et les CD-ROM pour la connexion valaient 5 800 ¥ (Internet Kit, Atmark Town, Franky Online). Dès juin, donc, Bandai a finalement décidé de mettre des consoles dans les magasins, pour que les acheteurs puissent partir avec la console. Ça semble évident en 2026, mais ça ne l’était visiblement pas en 1996.
Bandai a aussi tenté d’attirer les utilisateurs de Macintosh, notamment avec Pease. Mais aussi, plus étonnant, en profitant des Apple User Group. C’étaient des groupes d’utilisateurs de Macintosh, en partie affiliés à Apple, et Bandai a visiblement proposé de prêter des consoles et même fourni des consoles et des accessoires avec une réduction sur le prix public pour une console accompagnée d’un lecteur de disquettes.
Pour terminer, on apprend que les disques hybrides vont prendre en charge la console Pippin, les Macintosh, mais aussi Windows. Les titres de ce type restent assez rares dans les faits : il y a Action Designer: Ultraman Tiga et Zion Dukedom Military-File.
Le dernier point, c’est l’installation de la console dans les concessions de Fuji Heavy Industries, qu’on connaît plus sous le nom de Subaru. Le CD-ROM de présentation de la Legacy a donc été installé dans 545 concessions… donc j’en trouverais peut-être un, un jour. Dans la même veine, l’hôtel Suzu Beach Hotel a visiblement installé des consoles pour permettre un accès à Internet en juin 1996, dès son ouverture.


