Bon, j’aime bien les appareils photo qui travaillent avec des format… atypiques, on va dire. J’ai un Mavica à CD (8 cm), évidemment un modèle à disquettes, un Panasonic avec des LS-120, un Agfa avec des Clik! ou un HP à base de Miniature Card. Mais je n’avais pas encore d’appareil avec du iD Photo. C’est un standard (en théorie) qui a été employé… sur un seul appareil.
Je commence par le format. L’iD Photo, c’est un média de stockage de type MO (magnéto-optique) compact (59 mm × 56 mm × 4,8 mm) avec une capacité assez élevée pour l’époque (vers 2000) : 730 Mo. C’est plus gros qu’une carte mémoire, un peu bruyant et avec des accès franchement lent (ça s’entend) mais la capacité était élevée. Et les débits annoncés (10 à 50 Mb/s, soit 1 à 6 Mo/s en gros) étaient corrects pour l’époque. En pratique, j’ai obtenu nettement moins en copiant les photos (mais pas de benchs), mais il faut prendre le contexte : à l’époque, on avait de l’USB à 12 Mb/s, du série ou éventuellement du PCMCIA lent. Le seul appareil compatible a aussi du FireWire, on va y revenir. Sanyo, Olympus et Hitachi semblaient y croire et espéraient dix millions d’appareils en 2002.

Dans la pratique, donc, il n’y a qu’un appareil compatible et la marque a recyclé le tout sous le nom iDstorage fin 2001, j’en parlerais probablement un jour.

Difficile de ne pas utiliser cette image.
L’appareil
Le Sanyo IDC-1000Z est un appareil photo numérique avec un capteur de 1,5 mégapixel qui date du début des années 2000. Il est assez massif parce qu’il a un lecteur pour le disque iD Photo à sa droite. Il a un écran de 1,8 pouce, un zoom optique 3x et ressemble un peu à une caméra. Je ne vais pas m’étendre dessus pour deux raisons. La première, c’est que la batterie de mon exemplaire est morte et que je n’avais pas envie de mettre quelques dizaines d’euros pour une batterie noname. Je l’ai simplement essayé avec un adaptateur secteur (9 V) mais ça laisse peu de mouvements pour prendre des photos.
Le seconde défaut, c’est que le sélecteur qui sert à choisir le mode et allumer l’appareil est endommagé sur mon appareil. Le bouton lui-même est absent (un trombone fait le boulot) mais la pièce rotative est arrivée cassée et donc ce n’est pas évident de choisir le mode même si ça reste possible.
Si vous voulez des tests, il y en a là. Il filmait en VGA, on pouvait faire des images en TIFF ou en JPEG (près de 2 000 sur un seul disque) et était surtout visiblement assez lent, ce que j’ai pu constater. Pas loin de dix secondes au démarrage, trois à quatre secondes pour enregistrer une image, etc. La batterie avait visiblement une autonomie assez faible, la faute à la mécanique du lecteur de MO. Il était assez cher (vers 1 500 $) et pas sans défauts, donc, mais les disques de 730 Mo à 35 $ étaient quand même un excellent argument de vente.
J’avoue que ce qui m’intéressait était le média et pas tellement l’appareil, donc je ne suis pas allé très loin dans les essais. Truc à savoir quand même, c’est un de ces appareils qui demande du courant pour ouvrir la trappe avec le média.
L’USB
Alors, l’appareil photo est USB 1.1, mais avec deux problèmes. Le premier, c’est que c’est une prise propriétaire, ce qui était courant au début des années 2000. Le Mini USB a été standardisé avec l’USB 2.0 en 2000 et n’est pas arrivé directement. Avant lui, on avait soit la grosse prise USB de type B… soit du propriétaire. Sanyo utilise une prise qui ressemble à du Mini USB mais qui ne l’est pas. Je me voyais (encore) chercher un câble propriétaire, mais non : Sanyo utilise le même connecteur que mon Olympus Camedia C-211 Zoom. Le second problème, une fois le câble trouvé, c’est la récupération des données. Je n’ai pas le CD, je n’ai pas trouvé les pilotes et il n’est évidemment pas UMS. Heureusement, il y a une solution : le FireWire.
Le FireWire
L’appareil est FireWire, avec une prise quatre broches. C’est fastidieux : un adaptateur quatre broches vers six broches, un câble six broches vers FireWire 800, un adaptateur Apple Thunderbolt vers FireWire 800 et un adaptateur Thunderbolt 3 vers Thunderbolt 2 relié à mon Mac mini Intel. Ça ne fonctionne pas sur les Mac récents, Apple ne prend plus en charge le FireWire depuis Tahoe. Avec tout ça, l’appareil a fonctionné directement : le disque MO est monté sur le bureau. C’est plutôt lent, avec une synchronisation à 100 Mb/s, mais ça fonctionne.
Le disque contenait quelques photos prises au Japon vers 2008, rien de bien intéressant. Le volume est formaté en UDF, ce qui est assez inhabituel, mais macOS Sequoia accepte ça.
C’est un peu difficile de conclure sur l’appareil photo, c’est un modèle de son époque et les appareils du début des années 2000 sont médiocres (au mieux) quand on a les repères de 2026. Pour le format iD Photo, c’est la fausse bonne idée classique de la fin des années nonante, qui ne se concentre que sur le prix et la capacité parce que la mémoire flash est onéreuse avec une petite capacité. Les appareils avec du LS-120, des CD-R(W), des disquettes ou des MiniDisc (ou même un Microdrive) ont tous fait la même erreur. Parce que les alternatives à la mémoire flash ont globalement les mêmes défauts : c’est lent, souvent bruyant, avec des temps d’accès importants et une consommation élevée. La mémoire flash avait déjà l’avantage de la vitesse, mais dès que la capacité a augmenté et le prix diminué (et c’était inéluctable), les alternatives étaient mortes.


















Ces disques font penser aux Minidisc de Sony. C’est le même principe non ?
C’est du magnéto-optique, oui (au moins les enregistrables) mais les MiniDisc classiques c’est 130 Mo seulement
Le lien vers l’article des Miniature Card est cassé, il y a deux fois le protocole dans l’URL