Quand j’ai parlé des VHS japonaise avec deux langues, qui proposent le japonais et l’anglais sur la même cassette, un truc m’a étonné dans les réponses : une personne m’indiquait qu’elle avait eu une cassette bilingue de GoldenEye en France. Mais pas avec deux langues en simultané ni avec des sous-titres encodés (le SECAM ne prend probablement pas ça en charge). Avec une solution bien plus artisanale : la version française suivie de la version originale avec des sous-titres dans l’image.
Avant de parler des quelques exemples, j’ai noté un truc que je connaissais sans l’avoir réellement vu : les cassettes préenregistrées françaises sont réellement médiocres. C’est lié au SECAM qui n’est pas adapté à un enregistrement de type VHS et il y a des explications techniques, mais les cassettes SECAM (comme Bienvenue chez les Ch’tis) sont vraiment moins bonnes que les versions PAL disponibles dans le reste de l’Europe. On a notamment une bande rougeâtre à droite par exemple.
J’ai trouvé quelques VHS de ce type, donc. D’abord, Sailor et Lula. La cassette contient le film en français suivi de la version originale avec des sous-titres. Le film est en format large sur la cassette (donc avec des bandes noires) et les sous-titres sont incrustés dedans. Je n’ai pas vérifié mais c’est probablement le format 2,35:1 d’origine. Comme toujours avec les VHS, on a une accélération de 24 à 25 images/s. Le film fait 124 minutes à l’origine, on descend à environ 119 minutes en France, soit 238 minutes pour les deux versions consécutives. La qualité est médiocre, mais on évite les pubs pour une fois. Entre les deux, on a juste un panneau fixe de quelques secondes.
Le second est L’Empire des sens. C’est une édition Arte, avec d’abord la version originale (en japonais avec des sous-titres) suivie de la version française. Le ratio de l’image semble être celui d’origine (1,66:1) mais les sous-titres sont dans l’image, malheureusement. Il n’y a rien entre les deux versions, elles se suivent.
Le troisième est Le Projet Blair Witch. Le ratio de l’image est en 1,37:1 et il y a un cadre noir autour de l’image, c’est indiqué au début. On a la VF puis la VOST sur la cassette, sans séparation particulière. Les sous-titres sont incrustés dans l’image, même s’il y a des bandes noires. Comme le film n’est pas long, la cassette non plus.
Le dernier est Elephant Man. Sur cette cassette, les défauts du SECAM sont bien visibles : on a une bande rougeâtre à droite alors que le film est en noir et blanc. Pour le reste, le film est dans le ratio d’origine (2,35:1) avec des sous-titres dans l’image, c’est un peu dommage. On a d’abord la version française puis la version en anglais avec des sous-titres. Entre les deux, un petit panneau qui indique qu’on change de version.
En cherchant rapidement, j’ai quand même trouvé quelques autres exemples : The Blackout, Agnes Browne, Les Frères Falls, La Vie privée d’Henry VIII, Le Voyeur, In The Mood For Love, Fantôme à vendre ou Elephant Boy.
Dans la pratique, c’est une solution artisanale qui a un avantage : ça fonctionne dans tous les cas. Il ne faut pas un décodeur pour les sous-titres ou un magnétoscope capable de modifier le canal audio (ce qui reste assez courant). Mais d’un autre côté, on a la médiocrité du SECAM pour l’image et le coût est évidemment élevé. Les VHS étaient assez onéreuses à produire et du coup, il fallait des cassettes de quatre heures environ pour mettre deux fois le film. Et il y avait évidemment un souci pratique : ça prend du temps à rembobiner et il faut trouver le moment où on passe d’une version à un autre. Ce n’est pas un DVD avec un menu ou même un CD avec des pistes, il faut avancer… vérifier, avancer… reculer, etc. Et aussi, il n’y a qu’un film sur les quatre qui intègre les sous-titres proprement, dans les bandes noires. C’est un peu dommage tout de même.























Des années après je découvre encore des choses sur la VHS. Mais c’était souvent matière a bidouilles les magnétoscopes, PAL, SECAM, MESECAM.. longplay… Pour des qualités que l’on jugé acceptable a cet époque.
Les VHS, c’est un peu comme les LaserDisc, y a pleins de trucs bizarres au fil des années. Je me demande toujours s’il existe des cassettes commerciales avec deux bandes son séparées d’ailleurs (une en Hi-Fi et une en linéaire)
Les sous-titres en Europe passaient par une page télétexte transparente mais sur VHS c’est impossible à reproduire contrairement aux signaux CC américains (ligne 21) plus robustes et adaptés aux vhs. Mais ce n’est pas lié au sécam (contrairement à la mauvaise qualité vidéo liée à la manière d’encoder la chrominance)
J’ai souvenir de Spinal Tap aussi qui proposait les deux versions.
Il y a l’équivalent du CC en Europe (en ligne 22) et à ma connaissance, ça n’existe pas en SECAM