Parallels Desktop 14 : la virtualisation évolue

Récemment, la société Parallels a lancé la version 14 de son outil de virtualisation pour Mac. J’étais à la présentation française et j’ai reçu une clé pour tester le programme.

Avant de commencer, un petit truc. Pour virtualiser, j’utilise depuis des années VMWare Fusion et pas Parallels. Pas pour les performances ni le prix (sinon, je m’infligerais l’affreux VirtualBox), juste parce que j’ai commencé avec VMWare il y a de nombreuses années. Mais le fait de tester Parallels 14 m’a fait me souvenir d’une des raisons qui me font utiliser VMWare Fusion : l’intégration. Plus exactement, la meilleure intégration de Parallels. Oui, ça parait idiot comme raisonnement, mais j’ai une bonne raison. Je n’utilise pas la virtualisation pour pallier un manque sous macOS ou pour utiliser une application spécifique qui n’existe que sous Windows. J’utilise la virtualisation pour des besoins ponctuels, des tests, des usages où je dois voir l’OS (Windows, Linux, etc.). Parallels intègre très bien Windows dans macOS, en cachant l’interface, les options, mais ça s’intègre trop pour mon usage et ça m’énerve de devoir régler pleins de choses juste pour voir un Windows lancé dans une fenêtre, avec une seule icône dans le Dock. Par défaut, je n’ai pas besoin que Windows et macOS partagent mon bureau ou mes données, mais je comprends parfaitement que dans pas mal de cas, c’est extrêmement pratique. Mais je ne suis pas la cible.

Parallels 14

Je pourrais vous dire que Parallels 14 est plus rapide, s’intègre mieux et prend en charge les webcam 4K (enfin, la webcam 4K, celle de Logitech) mais bon, c’est un peu ce qu’on attend d’une itération annuelle : du mieux. La principale nouveauté, en fait, vient de la possibilité de nettoyer le système virtualisé pour gagner de la place sur le disque dur. C’est plus ou moins efficace, mais en tout cas les machines virtuelles prennent moins de place qu’avec VMWare Fusion. Une machine virtuelle Windows 10, importée depuis VMWare Fusion, passe ainsi de 48 à 33 Go. Un Mac OS X Snow Leopard passe de 43 Go à 26 Go.

Quelques OS

Dans les autres nouveautés sympathiques, Parallels 14 gère nettement mieux les GPU. Il ne permet malheureusement pas encore de virtualiser un eGPU (ce qui serait la solution miracle) mais les performances sont tout de même correctes. De plus, surtout, les API (presque) modernes sont supportées dans la machine virtuelle. Il y a une vidéo de chez eux qui montre des jeux avec un eGPU et ça marche plutôt pas mal. Parallels 14 émule un GPU avec une compatibilité DirectX 10.1 (oui, ce n’est pas tout neuf) et OpenGL 3.3. Visiblement, la compatibilité OpenGL permet de lancer pas mal de logiciels qui ne fonctionnaient pas avant.

OpenGL 3.3


DirectX 10.1

Dans les trucs sympas, aussi, Parallels propose de virtualiser directement Android et diverses distributions Linux. Par défaut, vous aurez donc des images disques avec des systèmes complets préconfigurés. Pour Android, c’est une version 7.1 pour Intel sans les outils de Google (le Store installé est celui d’Amazon) et c’est un peu tendu à gérer avec une souris, mais ça fonctionne assez bien pour tester rapidement un APK qui ne dépend pas des outils de Google.

Les systèmes gratuits


Android (avec Amazon)


Android 7.1.2 x86

Parallels Desktop peut aussi virtualiser macOS, avec des performances honnêtes, ce qui n’est pas le point fort de VMWare Fusion. Ça reste franchement léger, mais pour tester un ancien OS (attention, les vieilles versions de Mac OS X ne peuvent pas nécessairement être virtualisées) ça passe bien. J’ai eu un peu de mal avec High Sierra (impossible d’installer avec un installeur en 10.13.5) mais c’est passé en 10.13.6.

Installation en cours


Comme d’habitude, pas d’accélération vidéo

Parlons prix pour terminer. Parallels Desktop 14 vaut 100 € en version classique (à l’achat, donc), 80 € en version annuelle (à renouveler chaque année) et 50 € en mise à jour (Parallels 12 au moins). Si vous changez chaque année, le meilleur plan n’est bizarrement pas l’abonnement annuel, mais l’achat avec une mise à jour. Une personne ayant acheté Parallels 13 et mettant à jour aura payé 150 € (environ), alors qu’en passant par l’abonnement, le total serait de 160 €. Dans tous les cas, il y a de temps en temps des promotions, des réductions si vous venez de VMWare, etc.

Parallels Toolbox

Parallels a profité de la mise à jour pour améliorer la Toolbox. C’est un ensemble d’outils dont j’ai déjà parlé. Dans l’absolu, c’est pas mal, ça regroupe un tas d’outils au même endroit avec un accès rapide. En pratique, vu le prix élevé (20 € par an, le double de l’année dernière), c’est moins intéressant. Surtout que les outils n’ont rien de spécialement original, il s’agit d’une sorte de compilation de petits outils qui existent ailleurs. C’est pratique mais un peu cher quand c’est acheté loué seul. Heureusement, les outils sont fournis avec la licence de Parallels Desktop.