Démarrer la Pippin avec un disque dur

Il y a quelques mois, j’ai récupéré un prototype de Pippin, doté d’une ROM de développement. Le problème, c’est que la console avait un petit problème de SCSI. Je l’ai finalement réglé et – point intéressant – la ROM permet de démarrer sur un disque dur.

Il existe pas mal de versions de la ROM de la Pippin, mais les plus courantes sont la 1.0 (celle livrée avec les premières Pippin) et la 1.2 (livrée avec les dernières). Deux autres se trouvent parfois : la 1.3 et celle de développement. Les versions 1.0 et 1.2 diffèrent peu, la seconde gérant quelques périphériques en plus. La 1.3 a la particularité de supprimer les DRM, ce qui permet de démarrer sur un CD sans protection. Aucune des trois ne permet par contre de démarrer sur autre chose qu’un CD, même en branchant un disque dur.

Avec un clavier, une souris et un disque dur

Bonne nouvelle, la ROM de développement a l’avantage de permettre de démarrer sans DRM (certains titres plantent parce que la ROM est trop vieille) et depuis un disque dur. On peut donc démarrer sans CD assez facilement. Contrairement à la page de référence sur le sujet, je n’ai pas dû insérer un lecteur ZIP dans la chaîne et je suppose (comme il le soupçonnait) qu’il avait un problème de terminaisons. L’installation d’un disque dur reste assez peu pratique : mes Pippin n’ont pas de prises externes et j’ai donc dû sortir un nappe (tirée d’un Mac) par l’arrière et alimenter le disque avec un boîtier USB externe. A priori, je pourrais utiliser le SCSI2SD qui est alimenté par le bus, mais il était dans un autre Mac pour des tests.

Le disque dur (sans l’alimentation sur la photo)

Pour tester, j’ai simplement utilisé un vieux disque dur de Mac (500 Mo) et copié le contenu d’un CD de Pippin qu’on trouve sur le Net. Il s’agit d’une ISO de Mac OS 7.5.2 (pardon, System 7) dont je ne connais pas l’auteur et qui contient pas mal de logiciels, de données et de vidéos. Assez étonnamment, cette ISO de Mac OS (“Tuscon”) a un fichier de DRM valide donc soit quelqu’un a réussi à craquer la Pippin dans les années ’90, soit le tout provient de chez Apple ou Bandai.

Avec Movioke (non protégé)

Une fois le contenu copié sur le disque dur, il devient possible de démarrer dessus sans soucis. Cette version de Mac OS a quelques soucis – elle ne supporte malheureusement pas l’Apple Talk – mais je n’ai pas encore pris le temps d’essayer de me faire une installation personnalisée à base de Mac OS 7.6 (la solution la plus décrite). Au moins, Mac OS démarre et propose les fonctions de base, ce qui m’a permis de dumper le contenu de la ROM. Le checksum est 2BF65931, la Major Version 077D et la Minor Version 2CC6 (ça correspond aux valeurs là). A noter que la ROM a 8 puces, contre 4 sur les versions classiques.

Mac OS sur Pippin


TechTool


L’écran (8 bits ou 16 bits)


Le dump de la ROM

J’ai arrêté là pour le moment, parce que ça prend pas mal de temps et que les solutions nécessitent des Mac avec du SCSI capables d’installer 7.5.5. Ce n’est pas le plus évident. A terme, je vais essayer d’installer un système compatible Apple Talk, ne serait-ce que pour partager des données facilement. Actuellement, je dois débrancher le disque dur et le mettre sur un Mac moderne avec un adaptateur SCSI vers USB, mais c’est assez lent et les versions récentes de l’OS empêchent d’écrire sur du HFS.

Au final, avec un clavier et une souris, un disque dur, un écran VGA – la Pippin dispose d’une prise classique et sort du 640 x 480 – et un peu de RAM, la Pippin devient un Mac presque valable. Bon, il faut quand même supporter le PowerPC 603 à 66 MHz sans cache L2, nettement plus lent que le PowerPC 601 d’un Power Mac 6100, et les quelques limites de la console, mais c’est assez amusant.