Scanner un Kodak Disc, un des échecs de Kodak

Dans les années 80, bien avant le numérique, Kodak avait essayé de relancer le marché de la photo à domicile en lançant un nouveau format, le Kodak Disc. Cette tentative s’est soldée par un échec, mais le Kodak Disc n’a pas que des défauts. Et je me suis mis en tête d’en scanner.

Un peu d’histoire. En 1981, Kodak lance le Kodak Disc. Le film se présente sous la forme d’un disque (ce qui explique le nom) avec 15 vues possibles. Le disque, avant le développement, est dans une cartouche qui se place dans des appareils photo qui ont l’avantage d’être assez fin et compact. Du point de vue de l’utilisateur, c’est assez pratique, on peut enlever une cartouche et la reprendre ensuite, les appareils font défiler automatiquement le disque, etc. Le problème principal du Kodak Disc vient de la taille du négatif : seulement 10 x 8 mm contre 36 x 24 mm pour les films classiques. Et la taille a un impact direct sur la qualité : l’image est peu définie avec beaucoup de grains, et pour avoir vu quelques photos développées, c’est très visible même pour un usage grand public. De plus, le Kodak Disc demandait pas mal d’opérations manuelles pour le développement et comme il s’agissait d’un format Kodak, les appareils sont essentiellement… des Kodak. Kodak abandonne assez rapidement le format, et tentera la même chose avec l’APS (et un peu plus de succès) quelques années plus tard. Si le sujet vous intéresse, cette vidéo vulgarise bien le format (en anglais).

Un Kodak Disc, avec la numérotation des vues

Tester le Kodak Disc

A la base, je comptais acheter un appareil, un disque et développer le tout. Mais je me suis rendu compte assez vite que ce n’étais pas forcément une bonne idée. Premièrement, les appareils sont visiblement peu fiables, et forcément plutôt vieux. Deuxièmement, les disques sont évidemment périmés. Et enfin, le développement – s’il est encore possible – reste assez cher. Vu que trouver un appareil en bon état et une cartouche vierge reste compliqué et qu’en plus les risques de foirer le développement demeurent élevés, j’ai tenté autre chose.

Des négatifs sur eBay

La solution a été plus simple : trouver des négatifs. J’en ai choppé une dizaine sur eBay pour quelques euros. Les négatifs de Kodak Disc se présentent sous la forme d’un disque (si), sans la cartouche. Je ne suis pas le seul à m’être demandé comment scanner un Kodak Disc, et cette page aidera bien ceux qui veulent scanner un disque, avec quelques conseils.

Bonne nouvelle pour moi, je me suis rendu compte que mon scanner Canon CCD (un Canoscan 5600F) était équipé pour scanner les négatifs et que l’utilitaire de scan de macOS (Transfert d’images) gérait ça directement. Sur mon scanner, la zone éclairée est un peu petite, donc impossible de scanner un disque complet, mais ça passe quand même. Le seul point important est de bien sélectionner la zone à scanner pour que la détection automatique fasse son boulot correctement. Et bien évidemment de placer le disque sous la zone éclairée. Dans mon cas, j’ai fait ça à l’oeil.

Une zone ajustée (l’image semble colorée)


Une zone trop large : le logiciel gère mal les couleurs


L’interface de Transfert d’images.

Pour un résultat vaguement correct, il faut scanner au moins en 4 800 ppp si l’appareil le permet. Attention, l’interface de macOS ne montre pas nécessairement tous les modes : ici 1 200 ppp max, mais je peux monter à 9 600 ppp en tapant directement la bonne valeur. Dans ce mode, une photo ferra environ 2000 pixels de large (~3 mégapixels). En-dessous, vu la taille du négatif, c’est peine perdue. Si vous avez beaucoup de disques à scanner, il existe quelques solutions. Des gens vendent des adaptateurs imprimés en 3D qui permettent de positionner correctement les disques et je vous conseille de séparer le film lui-même du moyeu central pour simplifier la mise en place. Si vous retournez le disque (les indications vers le bas, donc), vous verrez que l’extérieur du moyeu est noir. Cette partie peut se détacher (avec une lame par exemple) pour récupérer uniquement le film.

La partie noir bloque le film


Une fois enlevée, on peut désolidariser le tout

Le résultat

J’ai scanné quelques vues, des photos de vacances d’inconnus. La qualité reste très faible, mais c’est inhérent au format et aussi en partie au mode automatique je pense. Mais n’espérez pas obtenir une image nette avec ce genre de disques : le négatif reste bien trop petit. Avec un scanner de base et sans efforts, on peut tout de même obtenir un résultat regardable (même si c’est flou et peu défini). Bien évidemment, un professionnel devrait arriver à quelque chose de mieux que moi (enfin, je suppose).

Scannée en 4800 ppp


Scannée en 4800 ppp


Scannée en 9600 ppp


Scannée en 9600 ppp