Développé récemment, le TashTalk USB est un petit accessoire très pratique pour connecter un Macintosh à un Mac moderne en LocalTalk. Ce n’est ni la méthode la plus rapide ni la moins onéreuse, mais dans de nombreux cas, c’est surtout la seule….
Je vais commencer par un truc : si vous avez un vieux Mac, j’en ai parlé il y a une bonne dizaine d’années, vous risquez d’être bloqué sur le transfert des données. Dans les années 80 et nonante, on passait par les disquettes pour passer des données d’un ordinateur à un autre, éventuellement un modem ou de l’AppleTalk et parfois des accessoires en SCSI (Zip, SyQuest, etc.). Mais en 2026, vous ne pourrez ni écrire ni lire sur une disquettes de Macintosh (même si vous avez un lecteur USB) et les vieux médias sont peu fiables.
Dans la pratique, la solution la plus efficace est l’Ethernet : beaucoup de Mac des années nonante sont équipés en standard (avec parfois un adaptateur AAUI nécessaire) et il est possible d’ajouter une carte Ethernet dans de nombreux Mac, en PDS, NuBus, PCI, etc. C’est celle que je recommande : on trouve assez facilement les cartes et l’Ethernet à 10 Mb/s offre des débits corrects pour de vieux Mac. J’utilise un Raspberry Pi pour ça depuis des années, et c’est une solution qui marche bien : je me connecte en AppleTalk au Raspberry Pi, je copie les données, et je récupère ou j’envoie) le tout avec un simple partage SMB sur mes appareils modernes. Sur les Mac de la seconde moitié des années nonante, on peut aussi simplement ajouter une carte USB en PCI, pour passer les données avec une clé USB, d’ailleurs.
Mais l’Ethernet est une solution qui a des défauts. Le premier est purement logiciel : les cartes Ethernet demandent parfois des pilotes, et il faut envoyer les pilotes dans le Macintosh pour utiliser l’Ethernet. Si vous n’avez pas la disquettes d’origine, on tourne vite en rond. Le second, c’est que certains Macintosh n’ont pas d’Ethernet et ne peuvent pas en recevoir facilement. Les PowerBook n’ont pas tous d’Ethernet ni d’emplacement pour une carte, et même s’il existe des cartes dédiées dans certains cas, ou du SCSI, on retombe vite sur le premier problème : il faut les pilotes. Et dans certains cas, il n’y a réellement pas de possibilités pour ajouter de l’Ethernet. Le dernier point, c’est que certains périphériques modernes bloquent l’AppleTalk en Ethernet ou en Wi-Fi, mais c’est particulier.
J’arrive au sujet : le TashTalk USB. Il permet de connecter un Macintosh en LocalTalk facilement, sans devoir passer par un rare accessoire LocalTalk vers Ethernet, qui ajoute des câbles et de la complexité.
Le TashTalk USB
L’accessoire est simple : une prise USB-C femelle, une prise Mini DIN 8 femelle et c’est tout. Vous aurez besoin du logiciel, qui existe pour macOS et Windows, et éventuellement d’un pilote sous macOS. Normalement, ça fonctionne dès macOS Big Sur de façon native. Avant même de tester, je dois mettre en avant les deux défauts. D’abord, ce n’est pas donné : 55 $ avec un envoi vers la France. Je comprends le prix et les frais d’envoi, mais il faut le prendre en compte. Le second point, c’est que c’est lent. On est en LocalTalk, donc 230 kb/s au mieux, quand l’Ethernet atteint 10 Mb/s.
Pour l’utiliser, il faudra deux choses : un câble USB-C pour le relier à un Mac (n’importe quel câble, comme celui d’un iPhone ou d’un Mac) et un câble Mini DIN vers le Macintosh. Ça fonctionne avec un câble Mini DIN 8 (série) comme celui d’une imprimante, mais aussi avec un câble LocalTalk (Mini DIN 3) et un dongle. Il faut brancher le câble côté Macintosh soit dans la prise notée Imprimante (et pas la prise Modem), soit dans un dongle LocalTalk. Le second cas est plus rare, c’est essentiellement pour les Macintosh avec une prise DE-9 pour le port série, comme les premiers Macintosh. Le passage par un dongle peut aussi se justifier pour une connexion à plusieurs appareils en même temps, alors que le câble série se limite à une connexion directe.
Ensuite, il suffit de lancer l’app sur le Mac moderne. Vous pouvez choisir le nom du partage (par défaut TailTalk AFP), il faut sélectionner l’adaptateur (qui a un nom genre /dev/cu.usbserial), le nom du volume (par défaut, MacShare) et l’emplacement du partage. Attention, il doit être sur un volume en HFS+ ou en APFS et pas un volume en exFAT ou FAT32. Les options supplémentaires sont pour le partage d’imprimante, j’en parlerais un jour. Puis cliquer sur Start.
Du côté du Macintosh, plusieurs choses. D’abord, il faut bien vérifier que l’AppleTalk utilise la prise LocalTalk. Dans Tableau de bord -> AppleTalk, il faut choisir le Port imprimante. Parfois, ça va déconnecter ou forcer un changement. Il y a des instructions sur le site.
Ensuite, dans le menu -> Sélecteur, il faut choisir AppleShare et le serveur TailTalk AFP devrait apparaître.
Il faut se connecter en Invité et vous pouvez éventuellement cocher la case à côté de MacShare, qui va permettre de monter le partage à chaque démarrage s’il est disponible.
Une fois que c’est fait, vous aurez simplement un volume partagé sur le bureau, qui permet de copier des données de et vers le Macintosh.
Des performances limitées
Le problème, ce sont les performances. Le LocalTalk ne permet que 230 kb/s (un peu moins de 30 ko/s) et c’est vraiment lent. Il est en théorie possible d’accélérer, mais ça demande des pilotes, et une horloge externe. J’ai test rapidement, et il faut 44 secondes pour transférer 1 Mo du Mac vers le Macintosh et 52 secondes du Macintosh vers le Mac (22 et 19 ko/s). Sur le même Power Mac G3 avec de l’Ethernet, il faut environ 2 secondes pour la même tâche.
Le TashTalk USB est donc un bon produit pour transférer des données vers un Mac qui n’a pas d’Ethernet du tout… ou pour transférer les pilotes de la carte Ethernet. Mais dès qu’il est possible de passer en Ethernet, c’est quand même réellement beaucoup plus rapide. Mais dans mon cas, c’est quand même un complément efficace pour les cas difficiles.
Pour ceux que ça intéresse, donc, il est en vente sur Tindie, le code est open source est bien suivi (avec l’ajout de fonctions) et il y a un sujet actif sur les forums de 68KMLA.














Pour les disquettes, il me semble que le greaseweazle sait lire et écrire des disquettes mac même sur des lecteurs standard simple vitesse.
Sinon pour faire simplement le transfert d’un driver, il doit être possible de passer par des disquettes formatées ms dos non ? Et donc de pouvoir utiliser un lecteur disquette usb basique.
Bien sûr c’est moins rigolo que la solution présentée ici.
Ca dépend un peu des cas, mais généralement, non, pas pour un pilote.
Les vieux Mac lisent que les disquettes 800 ko, et on peut pas les gérer en USB, déjà. Et même avec un Mac qui accepte les HD formaté DOS, faut encore que l’installeur du pilote accepte d’être du FAT sans les ressources. Parce que si on doit compresser l’installeur pour les garder, on revient au même problème : faut de quoi décompresser.
Mais ça doit passer avec un greaseweazle, oui.
Pour les Mac qui peuvent lire les disquettes HD, il y a une astuce pour contourner le problème du format DOS et des ressources : avec un émulateur ou HFVExplorer, on peut copier les fichiers à transférer sur une disquette virtuelle (formatée Mac), récupérer le fichier image correspondant, et écrire le contenu de ce fichier image directement sur les secteurs d’une disquette physique avec un lecteur USB standard. J’ai testé, ça fonctionne.
Intéressant mais je pense qu’il y a bien mieux pour transférer des données d’un mac récent vers un vieux. Les émulateurs SCSI genre BlueSCSI, ZULU SCSI ou autre permettent de monter sur le vieux mac des volumes basés sur une carte micro SD, amovible, évidemment. Et certains ont même le wifi qui permet de connecter les deux macs avec un débit outrageusement plus rapide.
@pecos : faut un accès SCSI, ce qui est pas généralisé (notamment sur les PowerBook). Mais c’est évidemment mieux.
Après, ça nécessite de déconnecter, des outils pour écrire, etc. Pour avoir faits les deux, l’Ethernet est quand même bien plus souple
Si le seul problème est la partie ressource des fichiers qui n’est pas copiable, il faut binhexer le fichier contenant les ressources, ce qui en fait un fichier standard, « à plat », c’est à dire avec seulement un data fork et pas de resource fork (pour les connaisseurs) et il devient plus facile à transférer. Cette opération se faisait via un utilitaire nommé BinHex 4.0, à l’époque. Mais je crois que les logiciels de compressions savaient aussi le faire.
On utilisait ce traitement avant de transférer par modem (Minitel, bien souvent) un fichier.
En espérant avoir pu faire un peu avancer la réflexion…
Mohue : ce qui ramène au premier problème : généralement quand on compresse ou quand on fait ça, faut le logiciel pour décompresser du côté du Macintosh, donc faut le transférer.
C’est le même problème que « télécharger le pilote du modem ».
Y a pleins de solutions plus rapides et plus souples que le LocalTalk, mais elles nécessitent dans pas mal de cas (surtout les Macintosh portables) de pouvoir transférer des données au départ (ou du matériel spécifique, pour du SCSI externe avec la prise idiote).
Un cas typique va être un PowerBook 100 ou Duo : lecteur disquettes externe propriétaire, SCSI propriétaire avec adaptateur à trouver, pas d’Ethernet. Mais c’est aussi le cas de pas mal de Macintosh classiques. Le LocalTalk a l’avantage de fonctionner directement.
Je vais probablement dire une énorme connerie, mais j’avais réussi à écrire mes disquettes du Système 7.5(.x) avec HFVExplorer sous Windows et un lecteur USB.
Je présume que ça a marché car c’était du 1.44mb pour un Macintosh qui lisait du 1.44mb?
Oui. Les 800 ko, c’est (beaucoup) plus compliqué
Je dirais que c’est sympa si tu es très spécialisé mac.
Les solutions comme greaseweazle ou kryoflux permettent de lire/ecrire des floppies (y compris mac 400 ou 800) pour tout un tas de machines rétro différentes, donc l’investissement se justifie mieux.